Adjamé 220 : des commerçants déracinés par une démolition

Le quartier d'Adjame-Liberte dans le centre d'Abidjan a été le théâtre dans la journée de ce Vendredi 1er Novembre d'une vaste opération de déguerpissement menée par le district d'Abidjan.

Adjamé, le vendredi 1er novembre 2024 — En ce jour de la Toussaint, alors que la plupart des familles se recueillent en mémoire de leurs proches disparus, les commerçants du rond-point d’Adjamé 220 ont vécu une journée noire. 

À l’aube, une opération de démolition, orchestrée par le gouverneur du District d’Abidjan, Cissé Ibrahim Bacongo, a fait disparaître en quelques heures , étals et petits commerces. 

Le calme du petit matin est brutalement brisé par les vrombissements des bulldozers. En un instant, la quiétude des lieux se mue en chaos. Sous les yeux effarés des commerçants, les machines engloutissent leurs échoppes, ne laissant derrière elles que des gravats et un silence assourdissant.

On ne sait plus où aller

Désespérée, Konaté Ramatou, une commerçante, retient à peine ses larmes. Pour elle, ce magasin représentait l’espoir d’une vie meilleure. « Nous faisons tout pour nous en sortir sans tomber dans des chemins que nous ne voulons pas emprunter. Avec cette démolition, c’est toute ma famille qui est en péril », confie-t-elle, le regard perdu.

À quelques pas de Ramatou, Ouédraogo Alima laisse éclater sa colère : « Ils n’ont même pas pris la peine de nous prévenir », déplore -t-elle, incapable de comprendre  cette opération.

 

Des résidents soutiennent cette action

Si les commerçants vivent cette journée comme un cauchemar, certains résidents voient dans cette démolition une solution au désordre. Yerapi, un habitant du quartier, se montre favorable à cette initiative. « Abidjan est la capitale économique, il est temps que l’on remette de l’ordre. Les trottoirs et les voies doivent rester dégagés », argumente-t-il, persuadé que cette mesure est nécessaire pour l’image de la ville.

La volonté d’assainir le quartier

Présent sur le site de démolition, Narcisse N’Dri, conseiller spécial du Ministre-gouverneur, explique que cette opération est le résultat de constats accablants sur l’insalubrité du quartier 220. « L’objectif est de redonner aux 220 logements leur lustre d’antan et de lutter contre les constructions précaires qui ternissent ce quartier », précise-t-il, ajoutant que cette action bénéficie du soutien des propriétaires et des résidents.

Promesse de relogement pour les commerçants

Malgré le choc des commerçants, Narcisse N’Dri assure que des mesures de recasement sont prévues. « Une fiche de recensement des commerçants a été établie avant les travaux, et nous mettrons tout en œuvre pour les reloger. Ils ne seront pas abandonnés », affirme-t-il, rappelant l’exemple de la réinstallation des commerçants autour de la grande mosquée.

 

[ Son Excellence]


 

 

 

 

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