Bonoua / 5e édition Festival Adjrown : les jeunes à l’épreuve de l’apprentissage des valeurs traditionnelles

Bonoua / 5e édition Festival Adjrown : les jeunes à l’épreuve de l’apprentissage des valeurs traditionnelles

La cinquième édition du Festival Ôbolwon Adjrown, débutée le samedi 7 février 2026, se poursuit au Foyer des Jeunes de Bonoua. Le mercredi 11 février a donné l’occasion aux jeunes issus de différents établissements scolaires de faire montre de leur savoir-faire, en termes de l’appropriation des jeux et de la culture abouré.

Les différents jeux de la compétition

Dans l’après-midi du mercredi, troisième jour du festival, l’assistance a eu l’opportunité de vibrer au rythme de deux jeux traditionnels majeurs. Le premier est dénommé ´´Êdin´´ ou le jeu du piquet. La compétition met aux prises deux protagonistes appelés à joueur à tour de rôle.

Ce jeu consiste en deux morceaux de tiges de bananier déposés au milieu. Il fait appel également à un morceau de bois au bout pointu, muni d’une corde, servant au meneur de marquer des points, en réussissant à le piquer dans l’un des morceaux de tiges déposées à même le sol. Mais ce jeu fait intervenir aussi un autre morceau de tige de bananier que le défenseur tient dans sa main, pour empêcher son adversaire de marquer des points.

Le second jeu, ´´Êklan´´, jeu d’échec ou damier traditionnel, consiste, pour chaque concurrent, à aligner, à tour de rôle, trois baguettes, verticalement, horizontalement ou en diagonal. Cela, dans des trous aménagés sur un dispositif de jeu de dames. Le joueur marque ainsi un point. Chacun dispose, au départ, de dix piquets dans ses mains.

Les établissements en compétition étaient le Centre technique, le lycée municipal et le lycée moderne de Bonoua. Chaque école a droit à trois rencontres, avec un joueur par équipe. A l’issue des différentes oppositions, le lycée municipal a occupé la première place, tandis que le Centre technique a été classé deuxième. Quant au lycée moderne, il a terminé troisième.

La culture générale, en langue abouré, a aussi constitué un temps fort, pour cette troisième journée. Pour tester leur niveau de maîtrise de la langue locale, des élèves issus des trois établissements susmentionnés ont eu à animer deux sketchs chacun. Il s’est agi du rituel pour conjurer les mauvais sorts, pour un couple qui perd un enfant pour la première fois. Mais il a été également question des échanges de nouvelles, lors de la réception de la notabilité à domicile.

A l’issue de cette compétition, le jury, présidé par le Secrétaire général à l’organisation du festival, Frédéric Bissié, a déclaré le Centre technique premier, avec 16 / 20. La deuxième place est revenue au lycée municipal, avec 12,5 / 20. Tandis que le lycée moderne, avec 11 / 20, a occupé le troisième rang.

La place des jeux dans le festival

En Côte d’Ivoire, comme partout ailleurs dans le monde, la sauvegarde des valeurs culturelles demeure une préoccupation pour tous. L’initiative du Festival Ôbolwon Adjrown, au niveau local, s’inscrit dans cette logique. Le Commissaire général, Alphonse Nobou, a confié que ce festival occupe une place essentielle. Dans la mesure où l’activité, à travers les diverses prestations ancrées sur la valorisation de la culture locale, aide à assurer la relève.

« La relève, c’est la jeunesse. Si elle n’est pas ancrée dans notre tradition, nous sommes en train de couler comme l’eau. Il faut donc former notre jeunesse à la maîtrise de la culture, la tradition, de sorte que ce que nous avons appris depuis 1800, jusqu’à aujourd’hui, soit toujours connu, enseigné », a sensibilisé M. Nobou.

Le regard des représentants de la tutelle

« Ces jeux, forcément, ne sont pas faciles pour les personnes âgées. Mais les jeunes de Bonoua, à leur âge, ont quand même pu donner le meilleur d’eux-mêmes. En tant qu’Administrateurs de la culture, nous en sommes vraiment fiers, fiers de la culture abouré, voire de la culture ivoirienne dans son entièreté », a émis l’un des représentants du ministère de tutelle, Eric Béda.

En présence de son collaborateur, Janvier Konan, il a exhorté les parents, les organisateurs à pérenniser l’événement. En associant toujours la jeunesse à la chose traditionnelle.

Cette cinquième édition du Festival Ôbolwon connaitra son apothéose, le samedi 14 février 2026. L’événement veut gagner, chaque année, en intensité, en intérêt, en organisation.  Pour relever ces défis, le concours des bonnes volontés, des sponsors et du ministère de la Culture et de la francophonie est vivement attendu.

 

 

AR


 

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