Côte d’Ivoire : le gouvernement annonce la dissolution de la Commission Électorale Indépendante
Le gouvernement ivoirien a annoncé la dissolution de la Commission Électorale Indépendante à l’issue du Conseil des ministres présidé ce mercredi par le président Alassane Ouattara.
Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a indiqué qu’un projet d’ordonnance portant dissolution de la CEI avait été adopté dans le cadre d’une réforme du système électoral ivoirien.
Selon les autorités, cette décision vise à mettre en place un nouveau mécanisme chargé de l’organisation des élections afin de renforcer la confiance des acteurs politiques et de l’opinion publique dans le processus électoral.
Le gouvernement explique également que cette réforme intervient après plusieurs critiques formulées contre la CEI à l’issue du dernier cycle électoral. Des partis d’opposition ainsi que certaines organisations de la société civile dénonçaient depuis plusieurs années un manque d’impartialité de l’institution ainsi qu’un déséquilibre dans sa composition.
Amadou Coulibaly a affirmé que le futur organe électoral devra rassurer l’ensemble des parties prenantes et garantir l’organisation d’élections « transparentes, crédibles et apaisées » lors des prochaines échéances électorales.
Créée en 2001, la Commission Électorale Indépendante jouait un rôle central dans l’organisation des élections présidentielles, législatives et locales depuis plus de vingt ans en Côte d’Ivoire.
Au fil des différentes crises politiques qu’a connues le pays, la CEI s’est régulièrement retrouvée au cœur des débats politiques, notamment concernant son indépendance et son fonctionnement. Malgré les critiques répétées de l’opposition, les autorités avaient jusqu’ici toujours défendu le rôle de cette institution.
Lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025, la CEI avait proclamé la réélection d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat avec près de 90 % des suffrages exprimés. Ce scrutin avait été contesté par une partie de l’opposition qui dénonçait des déséquilibres dans l’organisation électorale ainsi qu’un contexte jugé défavorable.
Le gouvernement présente aujourd’hui cette dissolution comme une réponse aux nombreuses réserves exprimées autour du fonctionnement de la commission électorale.
À ce stade, les autorités n’ont pas encore dévoilé les détails concernant la future structure appelée à remplacer la CEI. Le porte-parole du gouvernement a simplement indiqué que des discussions sont en cours afin de définir l’architecture du nouvel organe électoral, dont la mise en place pourrait intervenir dans les prochains jours.
Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué concernant cette réforme institutionnelle.
Le gouvernement assure toutefois que cette initiative vise à renforcer la transparence du processus électoral et à consolider la stabilité politique du pays avant les prochaines consultations électorales. Des consultations avec les partis politiques et les différents acteurs concernés devraient également être organisées, même si leurs modalités restent encore à préciser.
Du côté de l’opposition, plusieurs formations politiques dénonçaient depuis longtemps le manque d’indépendance de la CEI, estimant que sa composition favorisait la coalition au pouvoir.
La dissolution de l’institution pourrait ainsi relancer le débat politique autour de la composition et des garanties d’indépendance du futur organe électoral.
En attendant des réactions plus détaillées, certains responsables de l’opposition considèrent cette décision comme une avancée, tout en appelant à des garanties concrètes sur la neutralité et l’équilibre de la future structure chargée d’organiser les élections en Côte d’Ivoire.
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