Le président russe Vladimir Poutine a été « affaibli » par la mutinerie du groupe Wagner ce qui fait de lui « un plus grand danger », a affirmé, ce jeudi 30 juin, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell à Bruxelles.
« Un Poutine affaibli représente un plus grand danger », a-t-il mis en garde à son arrivée pour un sommet européen, soulignant le risque « d’instabilité » pour la Russie. Vladimir Poutine « procède à un nettoyage interne » avec l’arrestation de généraux et cherche « qui est derrière cette tentative de rébellion armée », a-t-il souligné.
Cette mutinerie a montré de « profondes fissures » dans le système mis en place par Poutine et « elle aura des conséquences pour nous », a averti la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. « Il est important que nous doublions le soutien à l’Ukraine, pour la capacité militaire et l’aide financière », a-t-elle plaidé à son arrivée.
La Commission européenne a proposé le 20 juin aux Etats membres d’approuver un paquet d’aide de 50 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine jusqu’en 2027, dans le cadre d’une rallonge du budget pluriannuel de l’UE. « Nous devons faire en sorte que l’Ukraine soit capable de se défendre », a martelé Josep Borrell. « La Facilité européenne pour la paix doit continuer à être financée et peut-être devra-t-elle devenir un fonds de défense ukrainien », a-t-il suggéré.
Créée hors du budget européen par des contributions des Etats membres et dotée d’un budget porté à 12 milliards d’euros, dont la moitié a déjà été engagée, la Facilité européenne pour la paix est principalement utilisée pour financer les fournitures d’armes et de matériel à l’Ukraine et former ses soldats.
Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, invité du sommet, a également plaidé pour un soutien à long terme de l’Ukraine qui ambitionne d’adhérer à l’Alliance atlantique et à l’UE. « Il faut continuer à soutenir l’Ukraine pour qu’elle reste un pays souverain et indépendant, sinon les débats sur l’adhésion n’auront plus lieu d’être », a-t-il averti.
Le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement européens ce jeudi et vendredi à Bruxelles est « l’occasion de nous mettre d’accord sur la manière dont nous allons continuer à organiser ensemble notre soutien à l’Ukraine », a souligné le chancelier allemand Olaf Scholz. « Nous devons nous préparer à ce que cela dure longtemps et il est donc important que nous soyons prêts à tenir longtemps », a-t-il expliqué.
NK
Source : LADEPECHE.fr