Mali : des entreprises visées par une attaque armée dans le cercle de Bafoulabé
Une série d’attaques armées a visé, dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs sites industriels situés dans le cercle de Bafoulabé, à l’ouest du Mali. Ces opérations coordonnées ont provoqué d’importants dégâts matériels et conduit à l’enlèvement de trois employés, selon des informations recueillies auprès de sources locales et du secteur industriel.
D’après des témoignages concordants, des hommes armés ont été aperçus aux premières heures de la matinée dans la localité de Selinkegny, avant de se disperser vers différentes cibles. Les assaillants, estimés à plusieurs dizaines et circulant majoritairement à moto, ont mené des actions simultanées contre des installations situées le long de la Route nationale 22.
Parmi les sites touchés figurent l’usine Diamond Cement de Gangonteri, la société Carrière et Chaux du Mali (CCIM) à Karaga, ainsi que l’usine Stones. Sur place, plusieurs engins industriels ont été incendiés, de même qu’un car, provoquant d’importantes colonnes de fumée visibles à plusieurs kilomètres.
Le directeur général de Diamond Cement, Ibrahima Diawara, a confirmé que son site faisait partie des cibles attaquées, indiquant également que d’autres unités industrielles, dont une usine à capitaux indiens, avaient subi des assauts similaires. À ce stade, aucune précision officielle n’a été donnée sur la situation des employés enlevés.
Aucune perte humaine ni blessé n’a, pour l’heure, été signalé par les autorités ou les responsables des entreprises concernées.
Cette attaque s’inscrit dans un climat sécuritaire particulièrement tendu dans la région. Depuis le début du mois de janvier, des alertes répétées avaient été émises par les populations locales, notamment dans les zones de Diallanais et de Saourané. Ces signaux d’alerte avaient conduit certaines entreprises à procéder à l’évacuation préventive de leurs employés et de leurs responsables vers la ville de Kayes.
En réponse à cette dégradation de la situation, les autorités militaires ont annoncé la suspension de la traversée du fleuve dans la zone concernée, invoquant des raisons de sécurité.
