Nairobi 2026 : les acteurs mondiaux mobilisés pour la cuisson propre en Afrique
Malgré les progrès technologiques et énergétiques, la cuisson propre demeure un défi majeur en Afrique. Aujourd’hui encore, près de quatre familles africaines sur cinq continuent de cuisiner à l’aide de combustibles polluants, exposant des millions de personnes à de graves risques sanitaires et environnementaux.
Face à cette situation préoccupante, Agence internationale de l’énergie (AIE) organisera en 2026, à Nairobi, au Kenya, la deuxième édition du Sommet international sur l’accès à des modes de cuisson propres en Afrique. La date précise de l’événement n’a pas encore été communiquée.
L’objectif est d’accélérer les actions en faveur du milliard d’Africains qui n’ont toujours pas accès à des solutions de cuisson modernes, propres et sûres.
Le sommet sera coorganisé avec les gouvernements du Kenya, de la Norvège et des États-Unis, a précisé l’AIE. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du premier sommet, qualifié d’historique, tenu en 2024 à Paris, en France, qui avait permis de mobiliser 2,2 milliards de dollars d’engagements financiers publics et privés. Selon un rapport de l’AIE publié en juillet 2025, plus de 470 millions de dollars avaient déjà été décaissés.
Un investissement annuel estimé à 2 milliards de dollars
Ce rapport constitue une nouvelle feuille de route visant l’accès universel à des modes de cuisson propres en Afrique subsaharienne d’ici 2040. Pour atteindre cet objectif, environ 37 milliards de dollars d’investissements cumulés seront nécessaires, soit près de 2 milliards de dollars par an. Un montant qui représente moins de 0,1 % des investissements énergétiques annuels mondiaux.
Ces financements couvriront à la fois l’acquisition d’équipements domestiques — foyers améliorés, bouteilles et cartouches de combustible et le développement des infrastructures indispensables, notamment les réseaux de distribution, les terminaux de stockage et le renforcement des réseaux électriques. Selon l’AIE, le gaz de pétrole liquéfié (GPL) devrait assurer l’accès à plus de 60 % des nouveaux ménages, tandis que les autres solutions reposeront sur l’électricité, le bioéthanol, le biogaz et des foyers améliorés à biomasse.
Un lourd impact sanitaire, social et environnemental
Actuellement, l’utilisation du bois, du charbon de bois ou des déjections animales pour la cuisson, souvent sur des feux ouverts ou des foyers rudimentaires, est responsable d’environ 815 000 décès prématurés chaque année en Afrique. La pollution de l’air intérieur touche particulièrement les femmes et les enfants, premières victimes de ces pratiques.
Par ailleurs, les femmes et les filles consacrent en moyenne quatre heures par jour à la collecte du combustible et à la préparation des repas, au détriment de l’éducation, des activités génératrices de revenus et de leur autonomisation. Sur le plan environnemental, l’absence de solutions de cuisson propres entraîne la perte annuelle d’environ 1,3 million d’hectares de forêts, accentuant la déforestation et la dégradation des écosystèmes.
L’impact combiné de la déforestation et des émissions liées aux modes de cuisson traditionnels représente près d’un quart des émissions de dioxyde de carbone (CO₂) issues du secteur énergétique en Afrique, souligne l’AIE.
Le sommet de Nairobi s’annonce ainsi comme une étape décisive pour impulser une transition énergétique inclusive, améliorer la santé publique et soutenir un développement durable à l’échelle du continent africain.
