Nigeria : entre recomposition des groupes armés et nouvelles menaces
Abuja confirme le raid aérien des États-Unis dans le centre-nord du pays et précise que l’opération s’inscrit dans le cadre d’une coopération sécuritaire continue, indépendante de toute considération religieuse, pour protéger les populations civiles et lutter contre le terrorisme.
Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a déclaré vendredi 26 décembre que le Nigeria avait fourni les renseignements permettant aux États-Unis de mener une frappe aérienne contre des cibles terroristes dans le centre-nord du pays et avait formellement approuvé l’opération avant son exécution.
S’exprimant sur Channels Television, M. Tuggar a précisé que cette opération résultait d’une coopération sécuritaire continue avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux, et qu’elle n’était motivée par aucune considération religieuse. « C’est le Nigeria qui a fourni les renseignements. J’ai eu une conversation téléphonique de 19 minutes avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, puis j’ai consulté le président Tinubu pour obtenir son feu vert », a-t-il indiqué. Il a ajouté qu’un deuxième échange de cinq minutes a eu lieu juste avant le lancement de la frappe pour confirmer les détails de l’opération.
Le ministre a souligné que la priorité était de protéger les vies innocentes, nigérianes ou étrangères, indépendamment de la religion ou de l’identité des victimes. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les Américains et d’autres pays pour lutter contre le terrorisme et mettre fin aux morts de Nigérians innocents. Pour ceux qui pensaient que le gouvernement traînait des pieds ou n’en faisait pas assez, c’est la preuve que nous sommes engagés », a-t-il ajouté.
Selon Tuggar, l’opération illustre « une nouvelle phase d’un ancien conflit », marquant la continuité des efforts du Nigeria contre les groupes jihadistes, historiquement concentrés dans le nord-est et maintenant également actifs dans le centre-nord. Il a précisé que le Nigeria cherchait depuis longtemps une coopération plus étroite avec Washington et d’autres pays dans ce domaine, et que la frappe constituait une validation de la stratégie de sécurité de l’administration Tinubu.
Le gouvernement nigérian a confirmé que toutes les opérations antiterroristes étaient guidées par la priorité de protéger les populations civiles, de préserver l’unité nationale et de défendre les droits de tous les citoyens, sans distinction de religion ou d’ethnicité. Le processus s’inscrit dans le strict respect du droit international et de la souveraineté nationale, avec un échange de renseignements et une coordination stratégique conformes aux pratiques internationales.
Selon le journal Punch, le président américain Donald Trump a confirmé jeudi la frappe sur son réseau Truth Social, affirmant qu’elle visait des éléments terroristes présumés au Nigeria et constituait une réponse aux attaques répétées et aux violences dirigées contre les communautés chrétiennes. Les autorités américaines ont précisé que l’opération avait été menée sur la base de renseignements partagés et en coordination avec Abuja, dans le cadre des efforts continus pour affaiblir les groupes extrémistes dans certaines régions du pays.
Le ministre Tuggar a insisté sur le caractère non religieux de l’opération : «Il ne s’agit pas de religion, il s’agit de protéger les Nigérians et les vies innocentes, qu’elles soient nigérianes ou non. »
RNDC
