RDC : l’UNICEF alerte sur la persistance des abus sexuels contre les enfants

RDC : l’UNICEF alerte sur la persistance des abus sexuels contre les enfants

POLYCOPIÉ - En 2024, près de 45 000 cas impliquant des mineurs ont été recensés, soit 40 pour cent de l'ensemble des violences sexuelles signalées dans le pays. Photo: Unicef/Photo de presse/dpa

L’UNICEF estime que la réalité dépasse les chiffres officiels, le sous-signalement étant alimenté par la peur de la stigmatisation, des représailles et le manque d’accès aux services.

Les violences sexuelles contre les enfants en République démocratique du Congo atteignent des niveaux alarmants. Plus de 35 000 cas ont été recensés durant la période janvier-septembre 2025, selon un rapport de l’UNICEF, qui qualifie la situation de crise « systémique et en aggravation » à l’échelle nationale.

Les données révèlent une escalade alarmante des agressions. En 2024, près de 45 000 cas impliquant des mineurs ont été recensés, soit 40 pour cent de l’ensemble des violences sexuelles signalées dans le pays. Ce chiffre représente un triplement des statistiques par rapport à l’année 2022, indique le rapport intitulé « Les cicatrices cachées du conflit et du silence ».

Si les zones de conflit à l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri) concentrent une large part des abus, le rapport souligne la généralisation du phénomène. À Kinshasa et dans le Kasaï, la pauvreté extrême et la déscolarisation exposent davantage les filles à l’exploitation sexuelle, confirmant que l’insécurité n’est pas l’unique moteur du fléau.

Renforcer les mécanismes de responsabilité judiciaire

Les adolescentes constituent la majorité des victimes, mais les garçons et les enfants en situation de handicap sont également concernés. Les survivants subissent des conséquences dévastatrices : blessures physiques graves, grossesses non désirées et traumatismes psychologiques profonds, souvent aggravés par le rejet social.

La réponse humanitaire se heurte à une crise de financement critique. À la mi-2025, seulement 23 pour cent des fonds nécessaires aux interventions contre les violences sexuelles étaient disponibles, contre 48 pour cent en 2022. Cette pénurie a entraîné la fermeture de cliniques mobiles et d’espaces de protection essentiels.

Face à l’urgence, l’UNICEF appelle le gouvernement et les partenaires internationaux à renforcer les mécanismes de responsabilité judiciaire. L’agence plaide pour un investissement immédiat afin d’assurer la continuité des services cliniques et psychosociaux indispensables pour les 300 000 enfants en danger dans les zones de conflit.

 

 

RNDC


 

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