Trafic d’êtres humains : coup de filet en Éthiopie, 22 arrestations
Vingt-deux personnes ont été interpellées en Éthiopie ces derniers jours. Selon la police, les personnes arrêtées, qui recrutaient des passeurs, faisaient « miroiter de faux espoirs d’entrer en Europe et de vivre une vie meilleure après avoir traversé la Libye ». Les 22 suspects sont accusés « de trafic d’êtres humains » ayant entraîné la mort et la disparition de migrants.
Vingt-deux personnes ont été arrêtées pour des soupçons de trafic d’êtres humains en Éthiopie, a annoncé mardi 27 janvier la police de ce pays d’Afrique de l’Est, l’un des principaux points de départ sur le continent vers l’Afrique du Nord et le Golfe.
Les suspects arrêtés sont accusés « de trafic d’êtres humains, impliquant 1 800 personnes, ayant entraîné la mort de deux personnes et la disparition de 15 autres, ainsi que le détournement de plus de 2,16 milliards de birrs (environ 11,5 millions d’euros)« , a expliqué la police éthiopienne dans un communiqué.
Selon la police, les personnes arrêtées, qui recrutaient des passeurs, faisaient « miroiter de faux espoirs d’entrer en Europe et de vivre une vie meilleure après avoir traversé la Libye ».
Mais lorsque les migrants se trouvaient en Libye, ils étaient retenus dans des entrepôts, ne recevant « que le strict minimum pour survivre et étaient contraints d’appeler leurs familles pour exiger d’importantes sommes d’argent », selon la police, qui affirme qu’elles « étaient retenues en otages jusqu’au paiement de la rançon ».
En janvier 2025, InfoMigrants avait relaté la tragique histoire de Naima, une Éthiopienne de 20 ans, emprisonnée en Libye. Ses ravisseurs réclamaient 6 000 dollars (5 800 euros) à sa famille en échange de sa libération. Des photos de son calvaire avaient été postées par les passeurs sur les réseaux sociaux.
Les Éthiopiens fuient la misère et les conflits
L’Éthiopie est un important pays dit de départ : de nombreux Éthiopiens fuient la misère et les conflits qui ensanglantent depuis des années plusieurs régions du pays.
Depuis avril 2023, un conflit oppose en effet l’armée fédérale aux combattants Fano – une milice nationaliste – dans la région Amhara. Pour la population, les conséquences sont dramatiques. D’après une note du gouvernement britannique, les violences dans la région ont fait au moins 7 700 morts entre avril 2023 et avril 2025.
Outre, la route passant par la Libye, les candidats à l’émigration éthiopiens utilisent également « la route de l’Est ». Entre janvier et septembre 2025, au moins 890 personnes sont mortes ou ont été portées disparues en empruntant cette route, entre la Corne de l’Afrique et le Yémen, soit deux fois plus que la même période l’année précédente.
Chaque année, des milliers de migrants africains empruntent cet axe dans l’espoir de rejoindre ensuite les pays pétroliers du Golfe, où ils espèrent travailler comme ouvriers ou employés de maison.
Début août, cinq personnes ont été condamnées à mort en Éthiopie pour trafic d’êtres humains. La peine capitale est peu appliquée dans le pays, et selon la Coalition mondiale contre la peine de mort (World Coalition Against Death Penalty, WCADP), la dernière remonte à 2007.
RNDC
