Énergie du futur : le Nigeria mise sur une découverte stratégique de lithium
Le Nigeria entre dans le radar des acteurs mondiaux du lithium après l’annonce par Chariot Resources Limited d’une découverte de minéraux riches en lithium et de l’obtention de six permis miniers délivrés par le Nigerian Mining Cadastre Office (MCO). Les analyses indépendantes citées par l’entreprise, réalisées par l’University of British Columbia, font état de concentrations de spodumène et de teneurs en oxyde de lithium élevées sur plusieurs échantillons prélevés.
Le régulateur nigérian a homologué quatre licences d’exploration et deux permis d’exploitation minière à petite échelle transférés de Continental Lithium Limited à C&C Minerals Limited, la société nigériane partenaire de Chariot. Ces autorisations couvrent des projets situés principalement dans les États de Kwara et d’Oyo, incluant des zones d’exploration identifiées sous les noms de Fonlo, Gbugbu et Iganna, ainsi que des participations à petite échelle dans le projet Saki.
Selon l’accord d’acquisition annoncé, Chariot devrait détenir 66,7 % de C&C Minerals tandis que Continental conserverait 33,3 %. Le groupe australien a indiqué que la transaction devrait être finalisée d’ici mai 2026. Le président exécutif et directeur général de Chariot, Shanthar Pathmanathan, a qualifié publiquement l’opération de « monumentale » pour l’entreprise, expression rapportée dans la communication officielle.
Analyses géologiques, enjeux industriels et actions prévues
Les essais minéralogiques menés par l’University of British Columbia ont révélé la présence de spodumène dans plusieurs prélèvements effectués sur les sites de Fonlo et Iganna. Les pourcentages de spodumène dans la fraction cristalline des échantillons varient, selon le laboratoire, entre 28,4 % et 75,3 %. Les teneurs en oxyde de lithium (Li2O) relevées dans ces mêmes échantillons se situent entre 2,66 % et 5,96 %.
Le spodumène est l’un des minerais de lithium les plus recherchés par l’industrie des batteries en raison de procédés de traitement considérés comme moins complexes que ceux requis pour d’autres minéraux tels que la lépidolite. Ces caractéristiques techniques expliquent l’intérêt porté aux pegmatites nigérianes, déjà exploitées de manière artisanale dans certaines zones pour produire du spodumène orienté vers le marché chinois.
Le cabinet d’avocats nigérian Aluko & Oyebode, mandataire juridique de Chariot pour cette opération, a indiqué que la transaction peut contribuer à renforcer le profil du Nigeria auprès des investisseurs intéressés par les minéraux critiques et les terres rares, formulation reprise dans le communiqué de l’étude de marché accompagnant l’annonce.
Chariot a annoncé son intention de lancer des programmes d’exploration structurés et modernes afin d’identifier des cibles de forage prioritaires et de générer des données techniques de qualité standard internationale. La société a précisé être en discussion avec des partenaires potentiels pour le financement des cycles d’exploration et pour sécuriser des débouchés commerciaux, tout en examinant des solutions pour formaliser et moderniser les activités artisanales locales existantes.
RNDC
