Après quatre jours d’intenses opérations de sauvetage, l’heure est au deuil à Ghassoul, dans le sud-ouest de l’Algérie. Ayoub, 10 ans, retrouvé mort samedi après une chute dans un puits, a été accompagné vers sa dernière demeure par une foule de proches, de voisins et d’habitants.
L’espoir de retrouver Ayoub vivant a laissé place au recueillement. À Ghassoul, une foule s’est réunie pour rendre un dernier hommage au garçon de 10 ans dont le sort avait suscité une vive émotion à travers l’Algérie.
Lors des funérailles, le cercueil de l’enfant a été porté par des agents de la Protection civile. Ces mêmes secouristes avaient travaillé pendant quatre jours pour tenter de l’extraire vivant du puits dans lequel il était tombé.
Un sol qui s’effondre sous ses pieds
Le drame s’est produit près du domicile de l’enfant, dans la commune désertique de Brezina, située à environ 550 kilomètres au sud d’Alger.
Selon son oncle, Abdelhak Hadef, Ayoub marchait avec son frère lorsque l’accident s’est produit. Le puits avait été recouvert de terre, donnant l’apparence d’un sol praticable.
« Le jour de l’accident, il marchait avec son frère, qui était juste devant lui. En passant au-dessus du puits, qui avait été recouvert de terre, il s’est arrêté dessus. Le sol s’est effondré sous ses pieds », a-t-il raconté.
La disparition du garçon avait rapidement suscité une forte mobilisation. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages et appels avaient été diffusés pour soutenir les opérations de sauvetage.
Quatre jours d’efforts pour atteindre Ayoub
Les conditions rendaient l’intervention particulièrement difficile. Creusé selon des méthodes traditionnelles et à sec, le puits mesurait environ 80 mètres de profondeur pour seulement 40 centimètres de diamètre.
Ayoub était également coincé sous une importante couche de terre, empêchant les secouristes de l’atteindre directement.
Face à ces difficultés, les équipes de secours avaient entrepris une vaste excavation à proximité du puits. Des engins de chantier avaient été mobilisés afin de créer un autre accès et tenter de rejoindre l’enfant.
Après quatre jours d’efforts, l’espoir s’est finalement éteint. Samedi soir, la Protection civile a annoncé que l’enfant avait été « retrouvé et repêché sans vie ».
Un appel à sécuriser les puits
Au-delà de l’émotion provoquée par le décès d’Ayoub, le drame soulève désormais la question de la sécurisation des puits traditionnels, particulièrement dans les zones rurales et désertiques. Lors des funérailles, Saad Mouaness, un voisin de la famille, a appelé à davantage de vigilance.
« Toute personne qui possède un puits doit le couvrir ! Même sans savoir à qui il appartient, aidons-nous et communiquons pour sécuriser ces ouvertures », a-t-il lancé.
La disparition d’Ayoub remet ainsi en lumière les dangers que peuvent représenter les puits insuffisamment protégés. À Ghassoul, après quatre jours d’attente et d’espoir, la communauté s’est désormais rassemblée autour de la famille pour accompagner l’enfant vers sa dernière demeure.