| Plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ont été déguerpis en Côte d’Ivoire entre 2021 et le premier semestre 2026, selon un bilan du Conseil national de sécurité (CNS). Malgré les opérations menées et les milliers d’interpellations, les autorités constatent une persistance et une extension de l’activité clandestine sur le territoire. |
La lutte contre l’orpaillage illégal se poursuit en Côte d’Ivoire, sans parvenir pour autant à enrayer le phénomène. Dans un bilan dressé le 23 juillet 2026 à Abidjan, le Conseil national de sécurité (CNS) a annoncé que plus de 8 500 sites clandestins ont été déguerpis depuis 2021. Sur la même période, 4 474 personnes ont été déférées devant la justice, alors que l’activité continue de s’étendre dans plusieurs régions du pays.
4 474 personnes déférées devant la justice
Selon le bilan officiel, les opérations ont été conduites notamment par le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI).
Entre 2021 et le premier semestre 2026, 4 474 personnes ont été déférées devant la justice, dont 65 % d’étrangers.
Le communiqué ne fournit toutefois pas de détails sur les nationalités des personnes concernées ni sur l’issue des différentes procédures judiciaires.
Face à la présence d’orpailleurs étrangers, le CNS souhaite renforcer la collaboration avec les représentations diplomatiques de leurs pays d’origine. L’objectif est notamment d’intensifier la sensibilisation et de faciliter le rapatriement des ressortissants impliqués.
Une communication gouvernementale portant sur l’application du dispositif répressif doit également être préparée en Conseil des ministres.
29 régions sur 31 touchées
Malgré les opérations de déguerpissement, l’orpaillage clandestin reste largement répandu sur le territoire ivoirien.
En février 2026, le ministère de l’Environnement indiquait que 29 des 31 régions de Côte d’Ivoire étaient affectées par le phénomène.
Les autorités considèrent l’orpaillage illégal comme une menace aux conséquences multiples, notamment pour l’environnement, l’économie et la sécurité nationale.
Des terres dégradées à cartographier et réhabiliter
Au-delà des opérations de répression, les autorités cherchent également à mesurer et réparer les dégâts environnementaux causés par l'exploitation clandestine de l’or.
Un projet de cartographie et de réhabilitation des terres dégradées a ainsi été lancé à Daoukro avec l’Abidjan Legacy Program et l’appui financier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Une autre initiative a été lancée en mai 2026 à Bouaflé, dans la région de la Marahoué, avec l’ONG Agir pour l’environnement dans les industries extractives. Elle vise notamment à identifier les zones prioritaires et à préparer la restauration des écosystèmes affectés.
Avec plus de 8 500 sites déguerpis et 4 474 personnes déférées devant la justice depuis 2021, les opérations engagées témoignent de l’ampleur de la riposte. Mais la présence de l’orpaillage illégal dans 29 régions sur 31 montre également les limites du dispositif actuel et l’importance, pour les autorités, d’associer répression, prévention et restauration des zones dégradées.
KR