Le bilan humain s’alourdit considérablement après l’effondrement d’une mine d’or artisanale à Zamboyé, en République centrafricaine. Selon des médias locaux, au moins 100 personnes ont perdu la vie, contre une trentaine annoncée dans les premières estimations. La catastrophe, survenue le 18 août dans la préfecture de la Nana-Mambéré, relance les interrogations sur les conditions de sécurité dans les exploitations minières artisanales du pays.

 

L’opposition réclame un renforcement des contrôles

 

Face à l’ampleur du drame, plusieurs formations de l’opposition démocratique interpellent le gouvernement sur l’application de la réglementation minière.

 

Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) et ancien Premier ministre, a notamment dénoncé les insuffisances dans la prévention des accidents sur les sites miniers.

 

« Avant Zamboyé, il y a eu tout un chapelet d’éboulements de terrain dans les chantiers miniers à Bozoum, à Baboua, à Abba, et à chaque fois c’est la même chose », a-t-il déploré.

 

Pour l’ancien Premier ministre, les textes existent, mais leur application sur le terrain reste insuffisante. Il demande donc un renforcement de la réglementation, des contrôles et des mesures de prévention.

 

Une enquête indépendante réclamée

 

Alain Touaboy, président du parti Les Indépendants, souhaite pour sa part que les responsabilités soient clairement établies.

 

« Il est vrai qu’aujourd’hui, notre devoir est de pleurer, mais nous devons aussi demander des comptes », a-t-il déclaré.

 

Il appelle le gouvernement à diligenter « une enquête sérieuse et indépendante » afin d’identifier d’éventuelles négligences ou défaillances ayant contribué à la catastrophe.

 

Une quinzaine d’éboulements signalés en 2026

 

Le drame de Zamboyé intervient dans un contexte marqué par la répétition des accidents sur les sites miniers centrafricains.

 

Depuis le début de l’année 2026, une quinzaine d’éboulements auraient été signalés sur des chantiers miniers à travers le pays, faisant régulièrement des victimes parmi les exploitants artisanaux.

 

Cette succession d’accidents met en lumière les risques auxquels sont exposés les orpailleurs, particulièrement sur les sites où les mesures de sécurité sont insuffisantes.

 

Un bilan passé de 30 à au moins 100 morts

 

L’évolution du bilan, passé des 30 morts initialement annoncés à au moins 100 victimes, donne une nouvelle ampleur à la catastrophe.

 

Elle accentue également la pression sur les autorités centrafricaines pour établir les circonstances de l’effondrement et renforcer la surveillance des exploitations minières.

 


Alors que le pays pleure les victimes de Zamboyé, les appels à une meilleure application de la réglementation se multiplient. Au-delà de l’établissement des responsabilités dans cette catastrophe, l’enjeu sera désormais de renforcer la prévention afin d’éviter que les mines artisanales centrafricaines ne soient à nouveau le théâtre de drames similaires.

 

POUZE Patrick