Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé lundi 1 435 interpellations et fait état de centaines de blessés lors des manifestations du week-end. Il a également qualifié l’attaque de Trappes d’« attentat terroriste raciste », alors que l’enquête se poursuit.

 

Les manifestations organisées le week-end à travers la France ont donné lieu à 1 435 interpellations et fait plusieurs centaines de blessés, selon le bilan communiqué lundi par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Invité sur BFMTV-RMC, le responsable a recensé 267 blessés parmi les forces de l’ordre et plus de 250 parmi les manifestants, selon une première estimation.

 

Le ministre a précisé que la majorité des blessures enregistrées chez les membres des forces de l’ordre étaient légères, tout en signalant trois cas de blessures graves. Il a par ailleurs qualifié le 24 octobre de « journée maîtrisée », affirmant qu’aucun « incident grave » n’avait été constaté.

 

Malgré ce bilan, Laurent Nuñez a dénoncé un niveau élevé de violences contre les forces de sécurité intérieure. Il a notamment évoqué la présence de militants de la mouvance d’ultragauche au sein des cortèges, estimant que ceux-ci avaient pu être contenus, contrairement à la situation observée le 17 octobre.

 

Concernant les militants d’ultradroite, le ministre a rejeté toute accusation de protection par la police. Il a notamment cité le cas de Nice, où les forces de l’ordre ont dispersé un groupe et interpellé onze personnes.

 

Les couvre-feux maintenus face à la colère sociale

 

Laurent Nuñez a également confirmé la poursuite des couvre-feux, estimant que la situation ne devrait pas connaître d’évolution majeure dans les prochains jours, compte tenu de la persistance de la colère sociale.

 

Les décisions relatives à ces mesures seront prises au niveau local, en concertation avec les maires et les préfets, a-t-il indiqué. Dans le même temps, le Premier ministre devait recevoir lundi après-midi les organisations lycéennes, puis étudiantes, alors que le mouvement social se poursuit.

 

Trappes : le ministre maintient la qualification d’attentat terroriste raciste

 

Interrogé sur l’attaque survenue à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, Laurent Nuñez a estimé qu’une éventuelle schizophrénie de l’auteur présumé ne remettait pas en cause, selon lui, la gravité des faits ni leur qualification d’« attentat terroriste raciste ».

 

« Ça ne change rien à la gravité de l’acte, au fait que ce soit un attentat terroriste raciste », a-t-il déclaré. Le ministre a également affirmé que l’auteur présumé était mû par la haine et le racisme, attribuant l’attaque à l’ultradroite.

 

Les faits remontent au vendredi 23 octobre. Une attaque à l’arme automatique survenue à Trappes et à La Verrière a fait un mort et cinq blessés, dont une fillette de 12 ans. Le suspect, âgé de 39 ans, a été interpellé peu après les faits.

 

Le Parquet national antiterroriste (Pnat), saisi de l’affaire, a ouvert une enquête notamment pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante liée au caractère raciste des faits.

 

Dimanche, le Pnat a annoncé la suspension de la garde à vue de Kévin T., transféré à l’Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police pour une période d’observation pouvant durer jusqu’à 48 heures.

 

L’enquête devra désormais permettre d’établir les circonstances précises de l’attaque et les éléments susceptibles d’éclairer le profil et les motivations du suspect, tandis que les autorités maintiennent leur dispositif face aux tensions sociales.

 

POUZE Patrick