Côte d’Ivoire : le PPA-CI justifie son absence aux 80 ans du PDCI-RDA
L’absence du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) à la célébration du 80e anniversaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) n’est pas passée inaperçue. Alors que certains y ont vu un nouveau signe de tension entre les deux formations politiques, le parti de Laurent Gbagbo évoque plutôt un dysfonctionnement administratif.
Présentant la position du PPA-CI, Jean-Gervais Tchéïdé, secrétaire général et porte-parole adjoint du parti, a indiqué ne pas avoir eu connaissance d’une invitation adressée officiellement par le PDCI-RDA. Selon lui, le courrier aurait bien été réceptionné, mais sa teneur n’aurait pas été examinée à temps par le service en charge.
D’après ses explications, ce n’est qu’après la diffusion d’un accusé de réception que le parti a découvert l’existence de l’invitation. Il a précisé que l’agent ayant reçu le document n’en avait pas mesuré l’importance ni le caractère urgent. Refusant d’alimenter toute polémique, Jean-Gervais Tchéïdé a invité l’opinion à s’en tenir à la version officielle du PPA-CI, tout en soulignant que cette absence ne remet pas en cause les relations d’alliance entre les deux partis.
Une alliance fragilisée par des divergences électorales
Le PPA-CI et le PDCI-RDA avaient pourtant affiché un rapprochement notable à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Dans le sillage de l’appel à l’unité lancé par Laurent Gbagbo, les deux partis avaient conclu un accord politique pour exiger une présidentielle inclusive, ainsi que la réintégration de plusieurs figures politiques, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, sur la liste électorale.
Cette convergence avait abouti à la création d’un Front commun, destiné à coordonner les actions des deux formations. Plusieurs manifestations et marches de protestation avaient d’ailleurs été organisées dans ce cadre. Toutefois, cette dynamique n’avait pas fait l’unanimité au sein de l’opposition. Simone Ehivet Gbagbo et Charles Blé Goudé n’avaient pas rejoint cette plateforme, tandis que le FPI de Pascal Affi N’Guessan avait choisi de ne pas y adhérer officiellement, malgré sa participation ponctuelle à certaines initiatives.
Mais cette entente entre le PDCI-RDA et le PPA-CI a été mise à rude épreuve lors des élections législatives de décembre 2025. Après avoir adopté une position commune de boycott de la présidentielle, les deux partis se sont opposés sur la stratégie à suivre pour les législatives. Le PDCI-RDA a finalement décidé de prendre part au scrutin, estimant indispensable d’être représenté à l’Assemblée nationale. Le PPA-CI, de son côté, est resté fidèle à sa ligne de boycott.
Tidjane Thiam avait alors publiquement alerté sur les conséquences d’une telle stratégie, estimant qu’un boycott risquait de laisser le champ libre au RHDP et de favoriser une concentration du pouvoir institutionnel.
Depuis cet épisode, les rapports entre les deux alliés semblent moins étroits, avec des prises de position de plus en plus distinctes sur les grandes échéances politiques.
