Côte d’Ivoire : une nouvelle ère s’ouvre au CNDH avec Christian Arnaud Adjelou

Côte d’Ivoire : une nouvelle ère s’ouvre au CNDH avec Christian Arnaud Adjelou

Christian Arnaud Adjelou a pris officiellement ses fonctions de président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) le vendredi 10 avril 2026, lors d’une passation de charges tenue dans les locaux de l’institution en Côte d’Ivoire. Sa nomination, opérée malgré des réserves exprimées par des organisations de la société civile et des figures  politiques, relance le débat sur l’indépendance de cet organe chargé de la protection des libertés publiques.

La désignation d’Adjelou, militant identifié au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a suscité une vague de critiques soulignant un risque de conflit d’intérêts. Plusieurs voix estiment que son ancrage politique et des déclarations antérieures sur des arrestations liées à la présidentielle pourraient affecter la crédibilité du CNDH et sa capacité à exercer un rôle neutre de contrôle et de protection des droits.

Lors de la cérémonie d’installation, le nouveau président a annoncé son intention de poursuivre les actions en cours au sein du Conseil et de maintenir l’institution comme « un espace d’écoute, de concertation et d’action ». Sa prise de fonctions intervient dans un climat tendu où le profil et les antécédents des responsables publics sont particulièrement scrutés par les acteurs locaux et les observateurs internationaux.

Polémique autour de l’indépendance et réactions des acteurs

Antoine Assalé Tiemoko, ancien député et maire de Tiassalé, a exprimé son désaccord avec la nomination, estimant qu’elle ne respecte pas les principes de neutralité qui doivent présider à la gestion du CNDH. Pour lui, la capacité d’Adjelou à se départir de son militantisme au sein du RHDP est sérieusement mise en cause, ce qui pose, selon ses termes, un problème de fond pour la mission même de l’institution.

Éric-Aimé Semien, président de l’Organisation ivoirienne des droits de l’homme (OIDH), a également dénoncé ce qu’il perçoit comme une incompatibilité entre l’engagement partisan du nouveau président et les exigences d’impartialité du CNDH. Dans un entretien accordé à RFI, il a fait part de son inquiétude quant au risque que l’institution devienne « une caisse de résonance du parti au pouvoir », compromettant ainsi la défense des libertés publiques.

Les critiques évoquent des éléments factuels : des propos publics tenus par Adjelou sur des arrestations intervenues autour de la dernière présidentielle et des prises de position antérieures qui, selon ses détracteurs, renseignent sur son orientation politique. Ces éléments ont alimenté des appels à la mise à distance par rapport au RHDP de la part de certains acteurs de la société civile ; d’autres vont plus loin et réclament une démission pure et simple.

Plusieurs organisations et défenseurs des droits humains attendent désormais des gestes concrets pour restaurer la confiance, notamment des actes de transparence et des garanties d’indépendance institutionnelle. Parmi les requêtes formulées figurent des demandes précises adressées au nouveau président, dont la nature et la portée restent objets de discussions publiques.

 

RNDC


 

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