Haut-Sassandra : le président des coopératives de Zoukougbeu appelle à la confiance entre les acteurs

En matière d’affaires, la confiance entre tous les acteurs est déterminante, pour le succès de toutes les initiatives. Le président de la société coopérative agricole trofè de Zoukougbeu, région du Haut-Sassandra, Zanga Diarra, dit partager cette logique. Dans un entretien accordé à la rédaction, à son bureau, il évoque les difficultés rencontrées, dans l’exercice de leurs activités. Mais il invite surtout ses collaborateurs à la confiance, pour mieux envisager l’avenir.

Bonjour Monsieur ! Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Zanga Diarra, président de la coopérative agricole Trofè de Zoukougbeu. Elle a été créée en 2013 et compte 13 sections.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos activités ?
En la matière, nous rencontrons beaucoup de difficultés sur le terrain. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à la fuite d’argent dans le département de Zoukougbeu. Il n’y a pas de sécurité. Sur la route, d’un campement à l’autre, nous rencontrons toujours des coupeurs de route. Si ce n’est pas le cas, beaucoup de pisteurs fuient avec notre argent. Nous en avons été victimes, lors des campagnes 2021-2022, 2023-2024. Un jeune influent, président de notre section, est parti avec une somme de 17 000 000 F CFA.

Il y a aussi une concurrence rude sur le terrain. Il y a des coopératives non certifiées. Par contre, il y en a qui sont certifiées. Les coopératives non certifiées paient au même prix bord champ que celles qui sont certifiées. Il y a donc cette difficulté. Autres difficultés, à cause de la pluie de cette année, nos camions qui rentrent en brousse reviennent tous en panne. Cela, cause du mauvais état des routes.

En plus, du fait des pluies, le cacao ne sèche pas bien, prenant du coup la moisissure. En tout cas, on rencontre beaucoup de difficultés. On ne peut pas tout citer.
Le département de Zoukougbeu est aussi confronté à la fuite de cacao. On fait la limite avec Duékoué, Issia. Nous appartenons tous à la région du Haut-Sassandra, certes. Mais Issia ne peut pas venir dans le département de Zoukougbeu, pour payer le cacao. Même Soubré et San-Pedro viennent ici également pour payer le cacao. Ce n’est pas normal.
Parlez-nous de vos rapports avec les policiers et les gendarmes !
En tout cas, il faut dire la vérité. Avant leur arrivée, Zoukougbeu était le fief des coupeurs de route. Même les gens de Daloa avaient peur de venir ici. Depuis l’arrivée des forces de l’ordre, Il y a la stabilité partout. Elles nous accompagnent, quand on sort des brousses, jusqu’à nos magasins. Grâce à eux, on peut pousser un grand ouf de soulagement aujourd’hui à Zoukougbeu.

Que pensez-vous des prix du cacao et du café fixés respectivement à 1 800 F CFA et 1 500 FCFA ?
Je dirai que 1 800 F CFA, pour le prix du cacao, c’est bien. Ça nous arrange beaucoup. En Côte d’Ivoire, si le prix dépasse 2 000 F CFA, le planteur ne va pas dormir chez lui.
Pourquoi une telle déclaration ? A cause des bandits. Récemment, nuitamment, à l’aide de torches, ils sont allés dans mon champ, pour cueillir et cabosser. Et si le prix passait à 3 000 F CFA ou 4 000 F CFA alors ?
Monsieur Zanga, notre entretien tire à sa fin. Avez-vous un appel à lancer, en votre qualité de président des sociétés coopératives agricoles de Zoukougbeu ?

Je voudrais demander à mes collaborateurs de se faire confiance, avant de faire confiance à quelqu’un d’autre. Si j’ai parlé tantôt de la fuite de cacao, ça dépend des coopératives agricoles de Zoukougbeu. J’ai livré 17 tonnes de cacao à la coopérative Ecookim-Escopag. S’il y avait une autre coopérative qui avait fait au moins 20 ou 17 tonnes, on serait parti à l’usine. Le cacao est tellement cher. Si chacun veut faire pour lui, on ne va pas évoluer. Il faudra qu’on s’aide. Si quelqu’un a une tonne et s’il l’ajoute sur la tonne de l’autre, dans le département, on fera tout. Le département de Zoukougbeu a beaucoup de poids.

Tenez-vous bien, après le bilan du Conseil café-cacao, Vavoua est classé 1er, Daloa 2ème, Issia 3ème et dernier Zoukougbeu. Or toutes ces localités viennent prendre leurs produits à Zoukougbeu. Tout le monde est au courant. Les acheteurs, les Libanais, toutes les coopératives agricoles savent que c’est Zoukougbeu qui est le fief du cacao. Alors je voudrais leur demander qu’on se fasse confiance.

 

Entretien réalisé Par D.Z.


 

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