Sénégal : Ousmane Sonko accuse Trump d’être « un homme de déstabilisation »

Sénégal : Ousmane Sonko accuse Trump d’être « un homme de déstabilisation »

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué, ce jeudi 9 avril 2026, la politique étrangère menée par le président américain Donald Trump. Intervenant lors d’une conférence organisée à Dakar sur les enjeux d’autonomie et de souveraineté africaines, il a qualifié le dirigeant américain « d’homme de déstabilisation ». 

Cette sortie intervient dans un contexte international tendu, marqué par l’annonce récente d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, mettant un terme provisoire à plus de six semaines de confrontation militaire.


Une intervention militaire jugée inefficace

Dans son intervention, Ousmane Sonko a dressé un bilan critique des opérations militaires américaines menées au cours des dernières décennies. De la guerre du Vietnam aux engagements en Somalie, il a dénoncé une absence récurrente de résultats probants.

S’agissant spécifiquement du conflit avec l’Iran, il a souligné que les objectifs affichés par l’administration de Donald Trump  à savoir le renversement du régime, la neutralisation des capacités balistiques et l’arrêt du programme nucléaire — n’ont pas été atteints. « Aucun des objectifs n’a été atteint et pourtant le monde est plongé dans un chaos que rien ne justifie », a-t-il déclaré.

En effet, malgré une intensification des frappes et un déploiement militaire d’envergure inédit depuis la guerre en Irak de 2003, les États-Unis ont finalement opté pour la voie diplomatique. Le cessez-le-feu conclu le 8 avril prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et l’ouverture de négociations en vue d’un accord durable, avec une suspension temporaire des hostilités.

Dans ce contexte, Ousmane Sonko a réaffirmé sa position : « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation. »

Des réactions internationales contrastées

Par ailleurs, cette lecture critique du conflit rejoint celle de plusieurs analystes internationaux, qui estiment que les États-Unis ne sont pas sortis vainqueurs de cet affrontement. Certains considèrent même que la trêve actuelle s’apparente davantage à un avantage stratégique pour l’Iran.

Cependant, d’autres voix appellent à la prudence. Le chancelier allemand Friedrich Merz ainsi que le secrétaire général de l’ONU António Guterres ont salué le cessez-le-feu comme une avancée vers une désescalade. Dans le même temps, les Nations unies ont dénoncé les discours jugés excessivement belliqueux ayant entouré cette crise.

Une critique de l’incohérence occidentale

En outre, Ousmane Sonko a pointé ce qu’il considère comme une contradiction dans les positions occidentales. Selon lui, les puissances occidentales condamnent publiquement les violations du droit international tout en apportant un soutien logistique ou militaire aux opérations en question.

« Déplorer la violation du droit international tout en mettant à disposition des bases militaires ne relève pas d’une cohérence politique », a-t-il insisté.

Il a également dénoncé les jugements portés sur certains régimes étrangers, évoquant notamment les débats autour du leadership iranien et les tensions internes à ce pays.

Des conséquences redoutées pour l’Afrique

Par ailleurs, le chef du gouvernement sénégalais a alerté sur les répercussions possibles de ce conflit pour le continent africain. Au-delà de la hausse des prix de l’énergie, il redoute des perturbations majeures des chaînes d’approvisionnement, notamment alimentaires, qui pourraient fragiliser davantage les économies les plus vulnérables.

Dans son analyse, il s’est appuyé sur le concept du « piège de Thucydide », qui décrit les tensions liées au déclin d’une puissance dominante face à l’émergence de nouveaux acteurs. Selon lui, la montée en puissance de la Chine pousse les États-Unis à défendre leur influence, parfois au détriment de la stabilité mondiale.

« Chercher à préserver sa domination en coupant les voies d’approvisionnement des concurrents, au risque de déstabiliser le monde entier, n’est pas une solution », a-t-il soutenu.

Vers des négociations décisives

Enfin, les regards se tournent désormais vers les prochaines étapes diplomatiques. Des discussions en vue d’un accord de paix durable devraient s’engager dans les deux semaines à venir. Toutefois, Donald Trump a fixé un ultimatum à l’Iran, lui accordant environ un mois pour parvenir à un compromis global. À défaut, il n’exclut pas une reprise des opérations militaires, laissant planer une incertitude sur l’évolution de la situation.


 

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