Côte d’Ivoire : le gouvernement rassure sur la liberté de retour de Tidjane Thiam

Côte d’Ivoire : le gouvernement rassure sur la liberté de retour de Tidjane Thiam

Tidjane Thiam, exilé depuis plusieurs mois, continue de diriger le Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) à distance et a dû prononcer son discours pour les 80 ans du parti par visioconférence. Interrogé sur son éventuel retour à Abidjan, le dirigeant a fait réapparaître les questions sur sa sécurité juridique et ses documents d’identité . Mais pour le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly lors de la conférence de presse hebdomadaire du Conseil des ministres, rien n’empêche formellement le retour de Tidjane Thiam.

Depuis son départ, la gestion du PDCI-RDA depuis l’étranger suscite des critiques internes, certains cadres estimant incongru que la formation soit administrée hors du pays. Thiam affirme que revenir est la seule manière de dissiper ces interrogations et de reprendre un rôle plus visible au sein du parti, mais il reste vigilant face aux risques potentiels liés à son statut judiciaire et administratif.

Interrogé mercredi, le porte-parole Amadou Coulibaly a rappelé que M. Thiam est « un citoyen ivoirien libre » et qu’à ce titre il peut, comme d’autres responsables politiques actuellement hors du territoire, rentrer « quand il le souhaite ». Le gouvernement, a-t-il ajouté, ne dispose d’aucune information faisant état d’une menace à la sécurité ciblant le dirigeant du PDCI-RDA, et cite en exemple le retour et la réintégration de plusieurs opposants et cadres du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI).

Enjeux judiciaires et documents d’identité

Malgré ces assurances officielles, plusieurs éléments nourrissent l’appréhension de Tidjane Thiam et de son entourage. Le cas de Soumaïla Bredoumy, qui a été interpellé à son retour d’un bref exil auprès de M. Thiam puis placé sous détention avant d’être relâché quelques semaines plus tard, illustre la méfiance persistante entre certains acteurs politiques et les forces de l’ordre.

La situation juridique personnelle de Tidjane Thiam a été fortement affectée par une procédure relative à la double nationalité. Un tribunal a rendu une décision estimant qu’il avait perdu la nationalité ivoirienne lorsqu’il a acquis la nationalité française en 1987, conclusion qui a abouti à sa radiation de la liste électorale et à son impossibilité de se porter candidat à la présidentielle, selon les explications fournies à l’époque par Me Ange Rodrigue Dadjé.

Sur le plan administratif, Thiam a officiellement renoncé à sa nationalité française, un acte matérialisé par un décret publié au Journal officiel le 20 mars 2025. La renonciation soulève des questions pratiques sur la validité de ses papiers de voyage. Lors d’un déplacement au Parlement européen à Bruxelles le 16 mai 2025, son document de voyage n’a pas été rendu public, ce qui a alimenté des spéculations sur un éventuel passeport américain ou d’un État africain comme le Rwanda.

Des sources font également état de son engagement institutionnel à l’étranger. Jusqu’en mai 2025, Tidjane Thiam était président du conseil d’administration de Rwanda Finance Limited (RFL), organisme public chargé de promouvoir le Rwanda comme centre financier international.

 

RNDC


 

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