Le gouvernement ivoirien a lancé une nouvelle opération de démolition de logements dans le quartier de Vridi 3, situé à proximité du port d’Abidjan. Une initiative présentée par les autorités comme une mesure d’aménagement urbain et de prévention des risques, mais qui provoque de vives réactions au sein des populations concernées.
Selon les autorités ivoiriennes, cette campagne vise à supprimer des habitations considérées comme dangereuses et à réorganiser l’espace urbain. Toutefois, de nombreux habitants dénoncent des expulsions réalisées sans préavis suffisant et sans solution de relogement adaptée.
« On dit que c'est pour le développement du pays, on ne peut pas dire non. On est épuisés et on souffre », a confié Ousmane Kindo, l’un des habitants touchés par l’opération.
Cette nouvelle vague de démolitions intervient après celles menées en 2023 et 2024 dans plusieurs quartiers d’Abidjan. À l’époque, des dizaines de milliers de personnes avaient vu leurs habitations ou leurs commerces détruits. Plusieurs victimes avaient alors dénoncé l’absence d’indemnisation et de mesures de relogement.
Parmi les habitants affectés, Sana Ali exprime son désarroi face aux difficultés engendrées par ces destructions.
« Aujourd’hui, ils ont démoli les maisons. Lorsqu’on cherche un logement, on nous parle de loyers de 150 000 à 250 000 francs CFA. Nous n’avons pas les moyens de payer ces sommes, surtout dans un contexte où trouver un emploi est devenu très difficile. Nous demandons aux autorités de revoir leur manière de procéder afin d’éviter que la situation ne se détériore davantage », a-t-elle déclaré.
De son côté, l’administration du district autonome d’Abidjan affirme que les opérations ciblent principalement les quartiers informels installés dans des zones à risque, afin de prévenir les pertes humaines liées aux inondations et aux glissements de terrain. Selon plusieurs sources, les démolitions pourraient reprendre dès le vendredi 5 juin.
Le quartier de Vridi 3, plus connu sous le nom de « Zimbabwe », abriterait près de 40 000 habitants. Face à la situation, la municipalité de Port-Bouët, dont dépend la zone concernée, a critiqué les méthodes employées par la préfecture et appelé à la mise en place d’une aide d’urgence en faveur des familles désormais sans abri.
Alors que les autorités mettent en avant les impératifs de sécurité et d’urbanisation, les populations affectées continuent de réclamer davantage de dialogue, d’accompagnement social et de solutions durables pour faire face aux conséquences de ces opérations de déguerpissement.