La Chine estime que l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran est de nature à favoriser la stabilité régionale et répond aux intérêts à long terme de Téhéran ainsi qu’aux attentes de la communauté internationale. Cette position a été exprimée mercredi par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue pakistanais, Ishaq Dar.

 

Au cours de leurs échanges, le chef de la diplomatie pakistanaise a présenté les résultats du premier cycle de discussions techniques organisé en Suisse entre les représentants américains et iraniens. Ces pourparlers ont notamment permis la création d’un comité de haut niveau chargé de superviser la mise en œuvre du processus de médiation prévu par le mémorandum d’accord d’Islamabad.

 

Selon Islamabad, trois groupes de travail ont été mis en place afin d’accélérer les négociations. Ils porteront respectivement sur le dossier nucléaire, les sanctions et les mécanismes de suivi, ainsi que sur le règlement des différends. L’objectif affiché est de parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours.

 

Wang Yi a réaffirmé la disponibilité de Pékin à accompagner les efforts diplomatiques en cours. Il a assuré que la Chine était prête à travailler avec l’ensemble des parties concernées afin de soutenir les négociations et de favoriser leur progression dans un climat exempt de toute ingérence extérieure.

 

Le ministre chinois a également plaidé pour un renforcement du dialogue entre les pays du Moyen-Orient. Il a estimé que la région devait construire une nouvelle architecture de sécurité fondée sur la coopération et la confiance mutuelle, tout en affirmant que le Moyen-Orient ne devait plus être le théâtre des rivalités entre grandes puissances.

 

Selon lui, les États de la région doivent renforcer leur autonomie stratégique et prendre eux-mêmes en main leur avenir politique et sécuritaire.

 

Abordant la question palestinienne, Wang Yi a rappelé qu’elle demeure au centre des défis du Moyen-Orient. Il a invité les pays de la région à adopter une position commune et à coordonner davantage leurs actions afin de favoriser la mise en œuvre de la solution à deux États et de parvenir à une paix durable.

 

Le chef de la diplomatie chinoise a également insisté sur la nécessité de rétablir rapidement une navigation normale dans le détroit d’Ormuz, soulignant que la sécurité de cette voie maritime est essentielle pour préserver la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Il a toutefois précisé que toute décision concernant ce passage stratégique devait respecter la souveraineté des États riverains ainsi que les principes du droit international.

 

Enfin, Wang Yi a réaffirmé le soutien de Pékin aux efforts de médiation menés par le Pakistan et par les autres acteurs engagés dans le rapprochement entre Washington et Téhéran. Les deux ministres ont appelé à une cessation durable des tensions et à l’instauration d’une paix stable au Moyen-Orient, saluant les progrès enregistrés depuis le cessez-le-feu du 8 avril et la signature du mémorandum d’accord d’Islamabad, qui ont ouvert la voie aux discussions directes organisées récemment en Suisse.

 

 

POUZE PATRICK