Accusé d’avoir trahi les engagements du Front commun, le PPA-CI réplique par la voix de son président exécutif. Sébastien Dano Djédjé invite le responsable du PDCI-RDA à tirer les leçons des dernières élections.
La tension monte entre le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) à Yopougon. Après les critiques formulées dimanche 30 août 2026 par Dia Houphouët, le président exécutif du PPA-CI, Sébastien Dano Djédjé, est monté au créneau pour défendre son parti et contester toute accusation de trahison.
Dans un extrait d’entretien publié lundi par le quotidien Le Temps, proche du PPA-CI, l’ancien ministre affirme que sa formation politique demeure incontournable dans cette commune stratégique d’Abidjan.
Dia Houphouët dénonce des engagements non respectés
Lors d’un meeting de remerciement et de remobilisation organisé au parking Vegas de Yopougon, Dia Houphouët avait répondu aux militants et sympathisants proches du PPA-CI qui l’accusent d’avoir rompu avec la dynamique du Front commun.
L’ancien député et vice-président du PDCI-RDA avait notamment exprimé son mécontentement à propos de la stratégie adoptée par le parti de Laurent Gbagbo lors des dernières élections législatives.
Selon lui, les engagements conclus entre les deux formations politiques auraient dû favoriser une participation commune à Yopougon. Sans dévoiler tous les détails de l’accord, Dia Houphouët avait laissé entendre qu’il pourrait ultérieurement révéler les points qui, à ses yeux, n’ont pas été respectés.
« Sans le PPA-CI, le PDCI n’est rien à Yopougon »
La réponse de Sébastien Dano Djédjé a été particulièrement ferme. Pour le dirigeant du PPA-CI, les différents résultats électoraux enregistrés dans la commune démontrent l’importance de son parti.
« À Yopougon, sans le PPA-CI, le PDCI n’est rien », a-t-il déclaré.
Sébastien Dano Djédjé conteste ainsi l’idée selon laquelle Dia Houphouët disposerait, à lui seul, d’une assise électorale suffisante pour remporter une élection dans cette commune.
« Dia Houphouët a clamé sur tous les toits que le nom qu’il porte est tellement célèbre qu’il a la popularité qui peut lui faire gagner toutes les élections », a-t-il rappelé.
Le président exécutif du PPA-CI affirme que trois victoires électorales ont été obtenues avec la contribution de son parti. Il évoque, en revanche, le revers subi par Dia Houphouët lors des élections municipales, à l’issue desquelles celui-ci s’était classé derrière Adama Bictogo et Michel Gbagbo.
Un appel à tirer les leçons des urnes
Sébastien Dano Djédjé estime également que le dernier scrutin devrait conduire le responsable du PDCI-RDA à revoir son appréciation des rapports de force à Yopougon.
« Cette fois-ci encore, là où il nous traite de traîtres, il est parti à l’élection seul, il a encore perdu. Il faut en tirer les leçons », a-t-il lancé.
Pour l’ancien ministre, les responsables politiques doivent analyser avec humilité les résultats obtenus sur le terrain et reconnaître l’importance des alliances.
« Il faut être humble et savoir que, si je suis avec tel ou tel autre, voilà comment les résultats vont se passer », a-t-il soutenu, avant d’ajouter : « En politique, on ne dit jamais jamais. »
Le PPA-CI rejette l’accusation de trahison
Le président exécutif du PPA-CI condamne surtout l’emploi du terme « traîtres » pour désigner les responsables de son parti.
« Aujourd’hui, il nous traite de traîtres. Ce n’est pas bien. Ce n’est pas politiquement correct », a-t-il déploré.
Sébastien Dano Djédjé invite plutôt le PDCI-RDA à reconnaître le rôle central du PPA-CI dans toute stratégie électorale à Yopougon.
« Il faut faire un constat clair pour dire que le PPA-CI est incontournable à Yopougon », a-t-il insisté. Selon lui, un responsable du PDCI qui se présente comme l’allié du parti de Laurent Gbagbo aurait davantage intérêt à préserver cette collaboration qu’à « jeter l’opprobre » sur son partenaire.
Cette passe d’armes révèle les tensions qui fragilisent le Front commun, présenté lors de sa création comme une union dépassant les anciennes rivalités entre les deux partis. Au-delà du différend entre les deux responsables, la polémique pose désormais la question de l’avenir de cette coalition et de la capacité du PDCI-RDA et du PPA-CI à poursuivre une stratégie commune dans l’un des principaux bastions électoraux d’Abidjan.