| La communauté chiite de Côte d'Ivoire s'est fortement mobilisée, ce samedi, dans la commune de Marcory, à l'occasion de la commémoration de la tragédie de Karbala, marquant le martyre de l'imam Hussein (Ousseni), petit-fils du prophète Mohammed (PSL). Organisée dans un climat de spiritualité, de recueillement et de paix, cette cérémonie a réuni de nombreux fidèles venus méditer sur les enseignements de cette figure emblématique de l'islam. |

Axée sur le thème « Le sacrifice utile de l'imam Ousseni : quel profit en tirer ? », cette commémoration, organisée par le Conseil Supérieur Ahloul-Bayt de Côte d'Ivoire (COSABCI), s'est tenue sous le parrainage du ministre-conseiller auprès du Président de la République, Laurent Tchagba, représenté, pour l'occasion, par l'honorable Cissé Tiémoko, député de la commune.

Dans sa communication, le conférencier Cheick Youssouf Konaté a souligné que le martyre de l'imam Hussein à Karbala constitue un héritage spirituel dont les enseignements continuent d'inspirer les générations. Selon lui, cet événement historique rappelle l'importance de défendre la justice, de préserver la dignité humaine et de résister à toute forme d'oppression

« Karbala doit être un symbole pour tous les musulmans en quête de paix à travers le monde. En suivant l'exemple et les enseignements de l'imam Hussein (alayhi salam), nous comprenons que les valeurs de justice, de dignité et de résistance face à l'oppression demeurent universelles », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, le conférencier a souligné que la tragédie de Karbala démontre qu'il est possible de faire triompher la justice, même lorsque l'on est victime de l'oppression. « C'est l'un des plus grands enseignements que nous laisse l'imam Hussein », a-t-il insisté.

Pour sa part, le Guide supérieur, Son Éminence Cheikh Zakaria Konaté, a exhorté les fidèles à transmettre la vérité avec humilité, patience et pardon, à l'image de l'imam Hussein.
Il a, par ailleurs, regretté que certaines personnes interprètent de manière erronée les circonstances ayant conduit au martyre de l'imam Hussein, laissant croire qu'il était sorti pour provoquer des conflits, alors que son combat était avant tout fondé sur la défense de la justice, de la vérité et des valeurs de l'islam.

Intervenant au nom du parrain, le député Cissé Tiémoko a, quant à lui, rappelé que le martyre de l'imam Hussein demeure l'un des épisodes les plus douloureux de l'histoire de l'islam. Toutefois, il a estimé que cette tragédie doit être une source d'enseignements plutôt qu'un facteur de division entre les musulmans.
« L'amour, le partage, le vivre-ensemble et, par-dessus tout, le pardon sont des valeurs essentielles qui doivent guider nos vies », a-t-il déclaré devant les fidèles.
Dans le même esprit, il a insisté sur le fait que les différentes pratiques observées durant cette période ne devraient jamais remettre en cause l'unité des croyants.
« Vous commémorez aujourd'hui le martyre de l'imam Hussein, tandis que d'autres consacrent cette période au jeûne et à la prière. Malgré ces approches différentes, elles ne doivent pas nous diviser », a-t-il affirmé.

Enfin, le représentant du ministre Laurent Tchagba a rappelé que la diversité entre les hommes, les religions et les sensibilités relève de la volonté divine. Il a ainsi invité les fidèles à privilégier les bonnes œuvres, le dialogue et la tolérance afin de renforcer la cohésion sociale et la paix, aussi bien au sein de la communauté musulmane que dans l'ensemble de la société ivoirienne.

Au-delà de son caractère commémoratif, cette célébration a permis de réaffirmer l'actualité du message de l'imam Hussein, fondé sur la justice, le sacrifice, le pardon et le vivre-ensemble.

Un héritage spirituel que les responsables du COSABCI souhaitent voir continuer d'inspirer les générations futures et contribuer au renforcement de la paix en Côte d'Ivoire.
SY