Le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté des précisions sur la première tournée diplomatique du président Romuald Wadagni dans la sous-région. Présentée comme une démarche de prise de contact et de renforcement des relations bilatérales, cette série de visites vise notamment à insuffler une nouvelle dynamique dans les rapports entre le Bénin et ses voisins, y compris les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 5 juin, Wilfried Léandre Houngbédji a dressé le bilan de cette tournée entamée après l’investiture du chef de l’État le 24 mai dernier. Il a confirmé que Romuald Wadagni s’est rendu dans cinq pays en l’espace d’une semaine : le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso, le Togo et la Côte d’Ivoire. D’autres déplacements dans la sous-région sont également envisagés en fonction de son agenda.
Une volonté de dialogue assumée
Interrogé sur la portée des visites effectuées dans les pays de l’AES, le porte-parole a rejeté toute interprétation faisant état d’un changement de cap diplomatique par rapport à l’ère Patrice Talon.
Selon lui, le Bénin a toujours maintenu une ouverture au dialogue avec les pays du Sahel. Il a notamment rappelé que l’ancien président Patrice Talon s’était rendu à Ouagadougou pour échanger avec le capitaine Ibrahim Traoré, soulignant que les autorités béninoises ont constamment affiché leur disponibilité à discuter avec les dirigeants de l’AES.
Wilfried Léandre Houngbédji a également évoqué les tensions qui ont marqué les relations entre le Bénin et certains pays de l’Alliance des États du Sahel. Il estime que la position du Bénin au sein de la CEDEAO a contribué à alimenter certaines incompréhensions.
Le porte-parole a rappelé que son pays avait plaidé en faveur de la levée des sanctions imposées par la CEDEAO aux États de l’AES et qu’une fois ces mesures levées, les autorités béninoises avaient pris les dispositions qu’elles jugeaient nécessaires pour favoriser un climat d’apaisement.
« Condamnés à vivre ensemble »
Pour expliquer la nécessité du rapprochement, Wilfried Léandre Houngbédji a mis en avant les réalités géographiques qui lient les pays de la région.
Selon lui, le Niger, le Burkina Faso et le Bénin partagent des frontières et des intérêts communs qui rendent indispensable le maintien du dialogue et de la coopération. Il a ainsi résumé la position du gouvernement en expliquant que, malgré les différends qui peuvent exister, ces États sont appelés à cohabiter durablement et à travailler ensemble.
Le porte-parole a également présenté la tournée de Romuald Wadagni comme un exercice de courtoisie diplomatique. Nouveau venu parmi les chefs d’État de la région, le président béninois aurait souhaité rencontrer ses homologues afin de se présenter officiellement et de réaffirmer sa volonté de renforcer les relations entre leurs pays respectifs.
Dans son intervention, Wilfried Léandre Houngbédji a insisté sur le fait que cette initiative ne devait pas être perçue comme une rupture avec la politique conduite sous Patrice Talon. Selon lui, il s’agit davantage d’une continuité diplomatique rendue possible par un nouveau contexte politique et l’arrivée d’un nouveau chef de l’État.
Cette lecture met en avant l’idée que le Bénin est resté favorable au dialogue avec les pays de l’AES au cours des dernières années et que les conditions actuelles permettent désormais de relancer plus efficacement cette dynamique.
Une nouvelle étape dans les relations régionales
Le porte-parole s’est enfin félicité de l’accueil réservé à cette démarche, affirmant que les dirigeants et les populations des pays visités se sont montrés réceptifs aux messages portés par le président béninois.
À travers cette première tournée régionale, Romuald Wadagni cherche ainsi à consolider les liens diplomatiques du Bénin avec ses voisins et à ouvrir une nouvelle phase de coopération dans un contexte régional marqué par d’importants défis sécuritaires, politiques et économiques.
SY