Reconnu coupable d’avoir tenté de mettre le feu à la maison des grands-parents d’Émile Soleil, un homme de 78 ans a été condamné à deux ans de prison ferme. La justice a dénoncé un acte prémédité, alimenté par les rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux.

 

Le tribunal de Digne-les-Bains a condamné Roland W., âgé de 78 ans, à deux ans d’emprisonnement ferme pour avoir tenté d’incendier, dans la nuit du 15 au 16 mai, la maison des grands-parents d’Émile Soleil, au Haut-Vernet. L’incendie, rapidement maîtrisé par les secours, a néanmoins détruit plusieurs effets personnels du garçonnet disparu en juillet 2023, plongeant une nouvelle fois sa famille dans la douleur.

 

Une tentative d’incendie aux lourdes conséquences

Selon les éléments présentés à l’audience, le septuagénaire avait glissé des chiffons enflammés sous les volets de la demeure familiale. Alertés à temps, les pompiers sont intervenus rapidement, empêchant la propagation des flammes à l’ensemble du bâtiment.

 

Malgré cette intervention, le feu et les fumées ont irrémédiablement endommagé plusieurs objets ayant appartenu au petit Émile. Vêtements, peluches et autres souvenirs ont été rendus inutilisables, obligeant les grands-parents à s’en séparer.

 

Face au tribunal, Roland W. a reconnu les faits, affirmant avoir voulu « relancer l’enquête » sur la mort du garçonnet.

 

Un acte préparé sous l’influence des rumeurs

Les magistrats ont retenu le caractère prémédité de l’attaque. Selon les investigations, l’homme s’était introduit de nuit sur la propriété avec l’intention de détruire ce qu’il considérait comme une « scène de crime ».

 

À la barre, il a expliqué avoir cédé à une « brutale envie de faire justice lui-même », disant s’être forgé cette conviction à partir des nombreuses rumeurs circulant sur les réseaux sociaux mettant en cause la famille.

 

La défense a invoqué une altération du discernement liée à son âge. Le tribunal a toutefois estimé que la gravité des faits et leurs conséquences justifiaient une peine de prison ferme.

 

Une famille déjà éprouvée par le harcèlement

La disparition d’Émile Soleil, âgé de deux ans et demi au moment des faits en juillet 2023, avait suscité une immense émotion en France. Les ossements de l’enfant ont été retrouvés au printemps 2024, mais l’affaire continue d’alimenter de nombreuses spéculations.

 

Selon les avocats de la famille, les proches d’Émile font depuis l’objet d’un harcèlement constant, marqué par des insultes, des courriers anonymes et des menaces de mort.

 

À l’audience, Me Colombani, avocat des grands-parents, a souligné le traumatisme provoqué par la destruction des « dernières reliques » du petit garçon. Les vêtements, jouets et peluches conservés dans la maison ont été irrémédiablement détériorés par les flammes et les fumées toxiques.

 

Pour les représentants de la famille, cette condamnation constitue un avertissement adressé à ceux qui, sous l’influence des rumeurs en ligne, prétendent se substituer à la justice.

 

En prononçant une peine de deux ans de prison ferme, le tribunal de Digne-les-Bains a voulu rappeler que les campagnes de haine numériques ne peuvent en aucun cas justifier le passage à l’acte ni les violences dirigées contre des familles déjà profondément éprouvées.

 

TALLEB DE LA