Le Conseil de sécurité des Nations Unies a exprimé ses préoccupations face à la détérioration de la situation des droits civils et politiques en Afrique centrale, dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés et les répercussions humanitaires de la guerre au Soudan.

 

Présentant, le 9 juin 2026, le rapport semestriel du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), Martha Pobee a dressé un tableau contrasté de la sous-région. Si certaines avancées ont été enregistrées dans les processus électoraux et les réformes institutionnelles, elle a toutefois mis en garde contre la réduction progressive de l’espace civique dans plusieurs pays d’Afrique centrale.

 

Le conflit soudanais au cœur des inquiétudes

Selon le rapport, la guerre au Soudan continue d’exercer une forte pression sur les pays voisins. Plus de 900 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge au Tchad, auxquels s’ajoutent près de 300 000 ressortissants tchadiens de retour dans leur pays. Pour Martha Pobee, les conséquences de cet afflux massif sur la cohésion sociale et la situation humanitaire dans l’est du Tchad demeurent considérables.

 

Le document évoque également des incursions transfrontalières répétées ainsi que des frappes de drones visant des positions militaires tchadiennes, alimentant les craintes d’une extension du conflit à l’ensemble de la sous-région.

 

Une menace persistante dans le bassin du lac Tchad

Le rapport souligne également la poursuite des attaques menées par des groupes affiliés à Boko Haram contre des populations civiles au Cameroun et au Tchad. Malgré les efforts des forces de défense de la région, les groupes armés continuent de se réorganiser dans des zones où la présence de l’État reste limitée.

 

La responsable onusienne a salué les engagements des présidents Mahamat Idriss Déby Itno et Bola Tinubu en faveur d’un renforcement de la coopération sécuritaire. Elle a cependant rappelé qu’une approche exclusivement militaire ne permettrait pas de résoudre durablement les causes profondes de l’instabilité. Les Nations Unies plaident ainsi pour un financement accru des programmes de stabilisation, de relèvement et de résilience dans le bassin du lac Tchad.

 

La crise dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun a également été évoquée, l’ONU appelant à un soutien renforcé aux initiatives de règlement pacifique.

 

Des préoccupations sur les libertés politiques

Le rapport fait état d’un rétrécissement de l’espace politique dans plusieurs États de la région. Au Tchad, les condamnations de figures de l’opposition ont ravivé les tensions politiques. Au Cameroun, certaines décisions institutionnelles continuent de susciter des contestations au sein de l’opposition.

 

Au Gabon, les restrictions temporaires d’accès aux réseaux sociaux, une loi controversée sur la nationalité ainsi que la détention de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Billie-By-Nze alimentent les critiques. En République du Congo, l’opposition poursuit ses dénonciations concernant les conditions de la dernière élection présidentielle.

 

La CEEAC appelée à jouer un rôle accru

Malgré ces défis, l’ONU estime que la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) pourrait contribuer davantage à la stabilité régionale. La nomination d’une nouvelle équipe dirigeante ainsi que l’élaboration d’un plan stratégique couvrant la période 2026-2030 ont été saluées. Son programme de lutte contre les drogues pour les cinq prochaines années a également été mis en avant.

 

Sur le plan sanitaire, l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo figure parmi les préoccupations majeures relevées dans le rapport. La RDC, membre non permanent du Conseil de sécurité depuis janvier 2026, demeure au centre de plusieurs enjeux régionaux examinés par l’instance onusienne.

 

Alors que les défis sécuritaires, humanitaires et politiques continuent de peser sur l’Afrique centrale, les Nations Unies appellent les États de la région et leurs partenaires à renforcer leur coopération afin de préserver la stabilité, promouvoir la gouvernance démocratique et répondre efficacement aux besoins croissants des populations affectées par les crises.

NDC