Un projet régional destiné à réduire de manière significative l'utilisation des pesticides extrêmement dangereux a été officiellement lancé lundi à Dakar. Mis en œuvre par l'organisation Pesticide Action Network (PAN) Africa, ce programme de trois ans bénéficiera au Bénin, au Burkina Faso, à la Guinée et au Sénégal.

 

L'initiative vise à limiter la dépendance aux produits chimiques hautement toxiques en renforçant les cadres réglementaires nationaux et en favorisant le recours à des solutions agroécologiques. Selon la coordonnatrice de PAN Africa, Ndèye Maïmouna Diène, le projet prévoit notamment la promotion des biofertilisants et des biopesticides, ainsi que la formation des producteurs agricoles à des pratiques plus durables.

 

Le programme comprend également un important volet de renforcement des capacités des structures de régulation et des administrations douanières afin d'améliorer le contrôle des produits phytosanitaires.

 

Des produits interdits continuent d'arriver en Afrique

Les responsables du projet alertent sur le fait que de nombreuses substances chimiques interdites sur les marchés occidentaux continuent d'être commercialisées en Afrique, en raison de la porosité des frontières et de l'insuffisance des mécanismes de surveillance.

 

Présent à la cérémonie de lancement, Baba Dramé, directeur de la réglementation et du contrôle au ministère sénégalais de l'Environnement et de la Transition écologique, a rappelé les risques que ces produits représentent pour la biodiversité, les écosystèmes et la santé des populations, notamment celle des enfants.

 

De son côté, le directeur du financement au ministère sénégalais de l'Agriculture, Modou Guèye Seck, a plaidé pour une coopération renforcée entre les secteurs des douanes, de la santé, du commerce et de l'agriculture afin de mieux protéger les ressources en eau et les terres agricoles.

 

Depuis plusieurs décennies, l'Afrique de l'Ouest est confrontée à des défis sanitaires et environnementaux liés à la circulation et à l'utilisation de produits phytosanitaires dangereux. Malgré les réglementations de la CEDEAO et les mécanismes du Comité sahélien des pesticides (CSP), les contrôles restent inégaux d'un pays à l'autre.

 

Selon PAN Africa et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'exposition des petits producteurs aux pesticides hautement dangereux continue d'augmenter, souvent sans équipements de protection adaptés. À travers ce projet, les partenaires entendent accélérer la transition vers une agriculture plus sûre et plus durable, en cohérence avec les objectifs internationaux de réduction des risques chimiques d'ici 2030.

 

KR