L’économie sud-africaine s’est contractée de 0,2 % au deuxième trimestre 2026, mettant fin à six trimestres consécutifs de croissance. Ce recul, légèrement plus important que prévu, s’explique notamment par les mauvaises performances des mines, du commerce et de l’industrie manufacturière.

 

PRETORIA — L’économie sud-africaine marque le pas. Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2 % entre avril et juin 2026 par rapport au premier trimestre, selon les données publiées mardi 8 septembre par Statistics South Africa (Stats SA).

 

Cette baisse met un terme à six trimestres consécutifs de progression de l’activité économique. Elle est également légèrement supérieure aux prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une contraction de 0,1 %.

 

La croissance du premier trimestre a, de son côté, été révisée à 0,4 %. Sur un an, le PIB sud-africain a progressé de 0,9 % au deuxième trimestre, alors que les prévisions tablaient sur une hausse de 1,2 %.

 

Mines, commerce et industrie en difficulté

 

Plusieurs secteurs ont pesé sur l’activité économique au cours du trimestre. Les mines ont enregistré une contraction de 3 %, notamment en raison du recul de la production des métaux du groupe du platine, du manganèse, de l’or et du minerai de fer.

 

Le commerce a, pour sa part, diminué de 1,9 %, mettant fin à six trimestres consécutifs de croissance. Cette baisse a notamment touché le commerce de gros, l’automobile ainsi que les activités liées à l’alimentation et aux boissons.

 

L’industrie manufacturière a également enregistré son troisième recul trimestriel consécutif. Sept de ses dix branches ont connu une baisse, particulièrement dans l’agroalimentaire, les meubles et autres produits manufacturés, ainsi que les métaux et les machines.

 

Plusieurs secteurs résistent

 

Malgré ce ralentissement général, sept secteurs ont enregistré une progression.

Le transport et les communications ont augmenté de 0,9 %, notamment grâce au transport terrestre. La construction a progressé pour un deuxième trimestre consécutif.

 

L’agriculture a également poursuivi sa dynamique avec une septième hausse trimestrielle d’affilée, soutenue notamment par les produits horticoles et les grandes cultures.

 

Forte hausse des importations

 

Les importations ont bondi de 4,9 % au deuxième trimestre, principalement sous l’effet des achats de machines, d’équipements électriques et de produits minéraux.

 

Dans le même temps, les exportations ont progressé de 0,9 %, notamment grâce aux pierres et métaux précieux.

 

La formation brute de capital fixe, qui reflète notamment les investissements dans les infrastructures et les équipements, a diminué pour le deuxième trimestre consécutif. Les entreprises privées et publiques ont réduit leurs investissements, contrairement à l’administration publique qui les a augmentés.

 

La consommation des ménages a toutefois progressé de 0,4 %, portée notamment par les dépenses consacrées à l’alimentation, aux restaurants et aux hôtels.

 

L’objectif de croissance de Ramaphosa mis à l’épreuve

 

Cette contraction intervient moins de trois semaines après que le président Cyril Ramaphosa a réaffirmé son ambition de porter la croissance économique du pays au-delà de 3 % par an d’ici 2030, notamment à travers un renforcement du partenariat entre l’État et les entreprises.

 

Malgré le recul enregistré au deuxième trimestre, les chiffres ne permettent pas, à eux seuls, de caractériser une récession, généralement associée à plusieurs trimestres de contraction économique.

 

Stats SA prévoit par ailleurs de publier en octobre les résultats d’une révision de l’année de référence et du recalcul des comptes nationaux. Cette mise à jour pourrait entraîner la révision de plusieurs données économiques du pays.

 

KR