Plusieurs décharges municipales de Johannesburg ont atteint leur capacité maximale, contraignant les camions de collecte à chercher des solutions alternatives. Dans certains quartiers, des habitants affirment ne plus voir leurs ordures ramassées depuis près de quatre semaines.

 

À Johannesburg, les déchets s’accumulent dans les rues et les quartiers. La saturation de certaines décharges municipales a entraîné la fermeture de plusieurs sites, compliquant davantage le travail des services de collecte. Face à cette situation, les camions disposent de deux options : déverser les déchets à proximité des sites saturés, favorisant la multiplication des décharges informelles, ou suspendre les collectes pour éviter l’accumulation des ordures dans les rues.

 

Des habitants privés de collecte pendant plusieurs semaines

 

Dans plusieurs quartiers, les conséquences de cette situation sont directement visibles. Certains habitants affirment que leurs ordures ménagères n’ont pas été collectées depuis près de quatre semaines.

 

Linda Makole, une habitante, s’inquiète particulièrement des conséquences sur les enfants.

 

« Les jeunes enfants ne peuvent tout simplement pas être en bonne santé en vivant dans cet environnement. En tant que parents, cela nous fait mal de vivre dans ces conditions », explique-t-elle.

 

Elle estime également qu’une mobilisation locale pourrait contribuer à améliorer la situation. « Nous aurions pu mettre 20 rands chacun et engager quelqu’un avec une camionnette pour ramasser tous les déchets », propose-t-elle, estimant qu’une réduction des déchets contribuerait à améliorer la santé des enfants.

 

Conflits, difficultés financières et véhicules vieillissants

 

La Johannesburg Crisis Alliance attribue les perturbations du service à plusieurs facteurs, notamment des conflits sociaux, des contraintes financières et le vieillissement de la flotte de véhicules.

 

La dégradation du service de collecte a également favorisé le recours à des transporteurs informels, alors que les besoins des habitants continuent d’augmenter.

 

Pour Devon Steenkamp, conseiller municipal, les difficultés actuelles s’inscrivent dans une crise plus ancienne.

 

« Depuis décembre de l’année dernière, c’est-à-dire depuis 2025, soit depuis quelques mois maintenant, les ordures ne sont plus ramassées à temps », affirme-t-il.

 

Selon lui, les problèmes ne seraient pas uniquement liés aux pannes de camions ou aux mouvements de grève ponctuels. Il évoque « des années de mauvaise gestion », ainsi qu’un manque de planification à long terme.

 

Plus de 2 000 points noirs recensés

 

Face à l’ampleur du problème, Pikitup, l’entreprise municipale chargée de la gestion des déchets, a recensé plus de 2 000 points noirs correspondant à des décharges sauvages.

 

Pour tenter de résorber la situation, l’entreprise a consacré 115 millions de rands, soit environ 6,4 millions de dollars, au cours de l’exercice 2025/2026.

 

Cette enveloppe doit notamment permettre de lutter contre la multiplication des dépôts sauvages dans la ville.

 

Un défi qui dépasse Johannesburg

 

La situation observée dans la capitale économique sud-africaine illustre une problématique plus large à l’échelle du continent.

 

Dans plusieurs grandes villes africaines, notamment Lagos, Dakar et Accra, la croissance démographique et urbaine entraîne une production de déchets qui progresse plus rapidement que les capacités de certaines municipalités à les collecter, les recycler ou les éliminer dans des conditions sûres.

 

À Johannesburg, l’accumulation des déchets met ainsi en lumière les difficultés auxquelles les grandes villes africaines sont confrontées pour assurer durablement la gestion de leurs déchets.

 

KR