| Face au retour de milliers de ressortissants burkinabè ayant quitté les sites d’orpaillage en Guinée, le gouvernement lance une collecte de contributions volontaires. L’initiative vise à mobiliser les populations, les entreprises et les organisations pour faciliter leur transport, leur accueil et leur réinsertion. |
Le Burkina Faso renforce son dispositif d’assistance aux ressortissants en provenance de Guinée. Dans un communiqué daté du 6 novembre 2026, la ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a annoncé la mise en place d’un mécanisme de collecte de contributions volontaires pour accompagner leur retour au pays.
Cette initiative fait suite à la mobilisation spontanée de plusieurs citoyens en faveur de leurs compatriotes. La ministre a ainsi invité les personnes physiques et les structures désireuses de participer à cet élan de solidarité à se rapprocher du comité de gestion mis en place à cet effet.
Les contributions peuvent prendre plusieurs formes : moyens de transport, dons en nature et appuis financiers. Pour faciliter leur réception, différents points de collecte ont été aménagés. Les cars et camions sont attendus à la place de la Révolution, les dons en nature à l’hippodrome de Hamdalaye et les contributions financières au bâtiment central de l’hôtel administratif. Les soutiens financiers peuvent également être effectués à travers la plateforme Deme Sira.
Selon le communiqué parvenu à APA, ce mécanisme vise à garantir une meilleure coordination des interventions, ainsi que la transparence et la traçabilité des contributions.
Cette mobilisation vient compléter les mesures déjà engagées par Ouagadougou pour organiser le retour des milliers de Burkinabè ayant quitté les zones d’exploitation aurifère de Haute-Guinée.
Le 4 novembre dernier, le gouvernement avait annoncé l’envoi d’une délégation ministérielle à Bamako pour porter assistance aux ressortissants en difficulté et préparer leur retour dans leur pays « dans la dignité et la décence ».
Conduite par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, la délégation a rencontré son homologue malien, le général Daoud Aly Mohammedine. Les échanges ont notamment porté sur les conditions de prise en charge des orpailleurs arrivés au Mali et les modalités de leur retour sécurisé au Burkina Faso.
À cette occasion, le ministre burkinabè avait salué la solidarité des autorités maliennes et leur engagement à faciliter le retour des ressortissants auprès de leurs familles.
Sur le plan opérationnel, les autorités burkinabè avaient annoncé la mobilisation d’une centaine de bus, dont une cinquantaine étaient déjà en route vers le Mali. La compagnie de transport STAF avait également proposé une vingtaine de véhicules pour contribuer à cette opération.
Cette situation intervient dans un contexte de renforcement des contrôles sur les sites miniers guinéens. Depuis le 29 octobre, la suspension de l’orpaillage artisanal et les opérations de sécurisation menées notamment à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda ont entraîné le démantèlement de plusieurs installations artisanales.
Conakry justifie ces mesures par la volonté de renforcer les contrôles administratifs sur le séjour des étrangers et de lutter contre l’exploitation minière illégale. Toutefois, elles ont provoqué le départ de nombreux travailleurs étrangers, notamment burkinabè.
Face aux rumeurs suscitées par cette situation, Ouagadougou a également appelé les populations au calme et à la retenue, tout en les exhortant à éviter la propagation de fausses informations.
Avec cette nouvelle collecte, le gouvernement burkinabè entend ainsi élargir la mobilisation nationale autour de l'accueil et de l'accompagnement des ressortissants concernés, en associant les citoyens et les acteurs privés aux efforts de solidarité.
Talleb De La