La montée des violences et des tensions visant les étrangers en Afrique du Sud pousse de nombreux ressortissants nigérians à envisager un retour dans leur pays d’origine. Selon les autorités nigérianes, plus de 1 000 personnes ont déjà exprimé leur volonté de bénéficier d’un programme de rapatriement volontaire.

 

Au total, 1 094 Nigérians ont officiellement demandé à quitter l’Afrique du Sud, a indiqué vendredi Kimiebi Ebienfa, porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des incidents à caractère xénophobe dans plusieurs localités sud-africaines.

 

Les autorités des deux pays ont engagé un processus conjoint de vérification afin d’identifier les personnes éligibles au programme. Cette opération associe notamment les services de l’immigration et les forces de sécurité sud-africaines. Elle permettra de déterminer le nombre définitif de bénéficiaires ainsi que les modalités pratiques des vols de retour.

 

Dans le cadre de cet accord, Pretoria a accepté de lever certaines sanctions administratives liées aux infractions migratoires, notamment les dépassements de durée de visa. En revanche, les personnes impliquées dans des procédures pénales ne pourront pas bénéficier de cette mesure exceptionnelle.

 

Selon les autorités nigérianes, le nombre de demandes de rapatriement a connu une hausse spectaculaire en l’espace de quelques jours, passant de 130 à plus de 1 000 candidats au retour. Cette augmentation est directement liée à la détérioration du climat sécuritaire pour certains ressortissants étrangers.

 

Abuja a récemment dénoncé plusieurs actes de violence visant ses citoyens, évoquant notamment le décès de deux Nigérians qui auraient été agressés par des agents de sécurité sud-africains.

 

Cette nouvelle opération de rapatriement intervient peu après le retour de plusieurs centaines de ressortissants ghanéens ayant également quitté l’Afrique du Sud à la suite de manifestations et d’actes hostiles dirigés contre les communautés étrangères.

 

Première puissance industrielle du continent africain, l’Afrique du Sud attire depuis plusieurs décennies des migrants venus de toute la région à la recherche d’opportunités économiques. Toutefois, la persistance d’un taux de chômage supérieur à 30 % alimente régulièrement les tensions sociales et les discours hostiles à l’immigration.

 

D’après les statistiques officielles, le pays compte plus de trois millions d’étrangers, représentant environ 5 % de la population. La majorité d’entre eux provient des États membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

 

Face à cette situation, le gouvernement sud-africain affirme renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière tout en appelant les populations à respecter l’État de droit et à s’abstenir de toute forme de violence à l’encontre des migrants.

 

Cette nouvelle vague de départs met une fois de plus en lumière les défis liés à la cohabitation entre populations locales et communautés étrangères dans un contexte économique difficile, où les questions migratoires demeurent au cœur du débat public sud-africain.