| Réunis à Kigali à l’occasion du Forum africain sur les systèmes alimentaires, les acteurs du secteur agricole s’interrogent sur les moyens de mieux orienter les financements vers les PME locales. Malgré les milliards de dollars mobilisés pour le développement agricole, une partie importante des capitaux peine encore à atteindre les petites entreprises qui participent directement à l’alimentation du continent. |
Comment transformer les engagements financiers en faveur de l’agriculture africaine en ressources réellement accessibles aux entreprises locales ? La question occupe une place centrale au Forum africain sur les systèmes alimentaires, organisé à Kigali jusqu’au 4 septembre.
Alors que des milliards de dollars sont mobilisés pour accompagner le développement agricole, de nombreuses PME du secteur rencontrent encore des difficultés pour accéder aux capitaux nécessaires à leur croissance.
Le défi ne consiste donc plus uniquement à mobiliser davantage de ressources. Il s’agit également de créer des passerelles plus efficaces entre les politiques publiques, les investisseurs et les entreprises agricoles à la recherche de financements.
Des capitaux qui peinent à atteindre les entreprises locales
Le Dr Mallé Fofana, directeur exécutif adjoint et responsable de la Direction de la mise en œuvre de la croissance verte au Global Green Growth Institute, a notamment mis en lumière les obstacles qui limitent l’accès des entreprises agricoles locales aux capitaux internationaux.
L’un des enjeux consiste à rendre ces PME davantage attractives pour les prêteurs commerciaux. Pour y parvenir, l’accompagnement des entreprises agricoles dès leurs premières phases de développement apparaît comme un levier important.
Le renforcement des modèles économiques, l’amélioration de la gestion financière et la préparation des entreprises aux exigences des investisseurs pourraient permettre de réduire l’écart entre les projets agricoles prometteurs et les financements commerciaux disponibles.
Le financement mixte comme levier
Parmi les pistes avancées figure également le recours au financement mixte. Ce mécanisme repose sur la combinaison de fonds publics ou issus du développement avec des capitaux privés.
Une telle approche pourrait permettre de réduire les risques supportés par les banques commerciales et, par conséquent, les encourager à accorder davantage de prêts aux entreprises du secteur agricole.
Dans un continent où l’agriculture demeure essentielle à la sécurité alimentaire et à la croissance économique, faciliter l’accès des PME aux capitaux pourrait ainsi contribuer à accélérer la transformation du secteur.
Au-delà des engagements financiers annoncés, l’enjeu pour les acteurs réunis à Kigali reste donc de faire parvenir davantage de ressources jusqu’aux entreprises agricoles locales capables de les transformer en activités, en croissance et en solutions pour les systèmes alimentaires africains.
KR