Dans ce village de la région du Folon, situé dans la sous-préfecture de Tienko, des femmes perpétuent une technique traditionnelle ,utiliser de la bouse de bœuf pour colmater les ouvertures des nattes destinées au séchage du riz et du maïs. Un savoir-faire transmis de génération en génération.

Penchées sur de longues nattes posées à même le sol, des femmes étalent soigneusement de la bouse de bœuf sur les fibres tressées. Le geste peut surprendre au premier regard. À Missamahana, pourtant, il répond à un besoin bien précis : préparer les nattes qui serviront au séchage des récoltes.
Dans ce village de la sous-préfecture de Tienko, dans la région du Folon, les pratiques traditionnelles occupent encore une place importante dans le quotidien des populations.
La bouse de bœuf est soigneusement étalée pour colmater les petites ouvertures entre les fibres tressées de la natte. Cette technique permet ensuite d’y faire sécher le riz ou le maïs, tout en évitant que les grains ne passent à travers les interstices.

Une pratique simple, mais ingénieuse, qui permet aux populations d'utiliser les ressources disponibles dans leur environnement pour répondre à leurs besoins quotidiens. Ce qui pourrait être considéré ailleurs comme un déchet devient ainsi une matière utile dans le processus de conservation des récoltes.
Un savoir-faire transmis entre générations
À Missamahana, cette technique ne date pas d'aujourd'hui. Elle fait partie de ces connaissances acquises au sein des familles et transmises de génération en génération.
Sans machines ni matériaux industriels, les femmes s'appuient sur leur expérience et sur les ressources locales pour adapter leurs outils de travail.
Pour celles qui perpétuent cette pratique, le geste est presque ordinaire. Il relève d'un apprentissage familial et d'une habitude profondément ancrée dans la vie rurale. Mais derrière cette apparente simplicité se cache tout un patrimoine de connaissances.

Missamahana, un village sans réseau téléphonique
La scène se déroule dans un contexte particulier. Missamahana n'est pas couvert par le réseau téléphonique. Alors que le numérique et le téléphone portable occupent une place grandissante dans la vie quotidienne, cette localité reste à l'écart de cette connectivité.
Dans le village, les journées demeurent largement rythmées par les activités agricoles et les pratiques traditionnelles. Cet isolement numérique contraste avec la richesse des savoirs locaux qui continuent de circuler entre les habitants, notamment à travers la transmission familiale.
Un patrimoine toujours vivant
À travers cette natte préparée à la main se raconte finalement une histoire plus large : celle de communautés qui continuent de puiser dans les connaissances héritées des générations précédentes pour répondre aux réalités du présent.

À Missamahana, la bouse de bœuf n'est donc pas simplement un déchet. Entre les mains de ces femmes, elle devient une solution pratique pour préparer les nattes et protéger les récoltes pendant leur séchage.
Le Gouverneur