| Le Bangladesh a dépassé mercredi 9 septembre la barre des 1 000 décès confirmés ou suspectés liés à la rougeole. Face à une flambée qui touche principalement les enfants, les autorités poursuivent une campagne de vaccination d’urgence avec l’appui de l’OMS, de l’UNICEF et de Gavi. |
La crise sanitaire liée à la rougeole continue de s’aggraver au Bangladesh. Depuis le début de la flambée en mars 2026, les autorités sanitaires ont recensé 1 002 décès confirmés ou suspectés et 167 580 cas suspects, selon les données publiées mercredi 9 septembre par la Direction générale des services de santé (DGHS).
Parmi les décès enregistrés, 902 sont considérés comme suspects et 100 ont été confirmés. Sur l’ensemble des cas suspects recensés depuis mars, 19 904 infections ont été confirmées en laboratoire.
Trois nouveaux décès en 24 heures
Au cours des 24 heures précédant mercredi matin, trois enfants supplémentaires sont morts après avoir présenté des symptômes compatibles avec la rougeole. Dans le même temps, 1 119 nouveaux cas suspects ont été signalés.
Depuis le début de la flambée, 147 393 hospitalisations de patients suspectés d’être atteints de rougeole ont été enregistrées. Plus de 141 000 d’entre eux ont pu quitter les établissements de santé après leur rétablissement.
L’épidémie frappe particulièrement les enfants et provoque un important afflux de jeunes patients dans les hôpitaux, notamment à Dacca. Certains présentent des complications respiratoires ou neurologiques.
Une campagne de vaccination d’urgence
Face à l’ampleur de la flambée, le gouvernement bangladais a lancé au printemps une campagne d’urgence contre la rougeole et la rubéole, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’UNICEF et de Gavi.
L’opération a d’abord ciblé les enfants âgés de 6 à 59 mois vivant dans les zones considérées comme les plus exposées. Elle a ensuite été progressivement étendue à l’ensemble du pays.
Les partenaires internationaux soutiennent notamment l’approvisionnement en vaccins, le maintien de la chaîne du froid et les opérations destinées à atteindre les enfants dans les zones à haut risque.
Des perturbations dans la vaccination de routine
La flambée intervient après plusieurs perturbations des programmes de vaccination. Le Bangladesh avait pourtant maintenu pendant plusieurs années une couverture vaccinale élevée contre la rougeole.
La pandémie de Covid-19, suivie des perturbations politiques de 2024 et 2025, a toutefois désorganisé plusieurs campagnes, laissant des groupes d’enfants insuffisamment immunisés. Des changements intervenus dans les procédures d’achat ont également contribué à des pénuries de vaccins.
L’OMS estime qu’une couverture d’environ 95 % avec deux doses est nécessaire pour interrompre durablement la circulation du virus.
Très contagieuse, la rougeole se transmet par voie aérienne. Elle peut provoquer de graves complications, notamment des pneumonies et des atteintes neurologiques, et entraîner la mort, particulièrement chez les jeunes enfants non vaccinés ou fragiles.
Les hôpitaux sous pression
La flambée de rougeole survient alors que le Bangladesh est également confronté à une forte poussée de dengue. Cette situation accentue la pression sur les capacités d’accueil des établissements de santé.
Face à cette double pression sanitaire, les autorités et leurs partenaires misent notamment sur l’accélération de la vaccination contre la rougeole. L’OMS appelle ainsi les parents et les personnes ayant des enfants à leur charge à se rendre dans les centres de vaccination.
Avec plus de 167 000 cas suspects et désormais plus de 1 000 décès confirmés ou suspectés depuis mars, la poursuite de la campagne de vaccination apparaît comme l’un des principaux moyens mobilisés pour tenter de freiner la propagation de la maladie.
TALLEB DE LA