L’Union européenne et l’Allemagne ont officiellement lancé un nouveau programme régional visant à améliorer la gestion des ressources en eau et à renforcer la résilience des populations du bassin du lac Tchad face aux effets du changement climatique.

 

Baptisé « Gestion des ressources en eau du lac Tchad » (LACHAWAMA), ce programme est porté par la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) et mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). Son lancement officiel s’est tenu à Bangui, en République centrafricaine.

 

Le choix de la capitale centrafricaine s’explique par l’importance des cours d’eau du pays, qui alimentent plusieurs affluents du lac Tchad. Selon la CBLT, LACHAWAMA s’inscrit dans une dynamique régionale destinée à promouvoir une gestion concertée des ressources hydriques, à améliorer les moyens de subsistance des populations et à consolider la stabilité dans l’ensemble du bassin du lac Tchad.

 

Le programme intervient dans un contexte marqué par une forte dégradation environnementale. Depuis les années 1960, la superficie du lac Tchad s’est considérablement réduite sous l’effet des sécheresses répétées, de la baisse des précipitations et de l’intensification des prélèvements en eau. Plus de 40 millions de personnes vivant au Tchad, au Niger, au Nigeria, au Cameroun et en République centrafricaine dépendent pourtant de ce bassin pour leurs activités de pêche, d’agriculture et d’élevage.

 

La diminution des ressources en eau et des pâturages a également exacerbé les tensions entre communautés rurales, contribuant à l’instabilité dans une région déjà fragilisée par les violences de groupes armés, notamment Boko Haram et sa branche dissidente affiliée à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).

 

Le lancement de LACHAWAMA traduit ainsi la volonté des partenaires internationaux et des États riverains de faire de la gestion durable de l’eau un levier de développement, de sécurité alimentaire et de stabilité pour l’ensemble du bassin du lac Tchad.