Une nouvelle étape a été franchie dans le processus de normalisation des relations entre le Bénin et le Niger. Le comité conjoint d’experts mis en place à la suite de la visite de travail du président béninois Romuald Wadagni au Niger, le 2 juin 2026, a achevé sa mission et transmis les résultats de ses travaux aux autorités des deux pays.
Selon un communiqué conjoint publié dans la soirée du 16 juin, les experts béninois et nigériens ont respecté le calendrier qui leur avait été fixé. Dans un premier temps, chaque délégation a mené ses travaux de manière indépendante avant de remettre ses conclusions à son chef d’État respectif.
« Au terme des quinze jours impartis, les deux délégations ont remis à leurs Chefs d’État respectifs les résultats de leurs travaux », précise le communiqué.
Le document indique également qu’une rencontre conjointe entre les experts des deux pays est prévue avant la fin de la semaine. Cette réunion aura pour objectif d’harmoniser les différentes conclusions et d’élaborer un rapport commun destiné aux présidents Abdourahamane Tiani et Romuald Wadagni.
Selon les signataires du communiqué, cette étape devrait marquer l’aboutissement d’un processus conduit dans un esprit de coopération et de recherche d’intérêts communs.
Les autorités des deux pays réaffirment par ailleurs leur volonté de renforcer les relations bilatérales et d’ouvrir une nouvelle phase de coopération entre le Bénin et le Niger, qualifiés de « pays frères ».
La frontière entre les deux États demeure fermée depuis le coup d’État survenu au Niger en juillet 2023. À l’époque, le Bénin avait appliqué les sanctions décidées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre les autorités militaires nigériennes. Cependant, après la levée de ces sanctions par l’organisation sous-régionale, le Niger avait maintenu la fermeture de sa frontière avec son voisin.
Les autorités nigériennes accusaient alors le président béninois de l’époque, Patrice Talon, d’autoriser la présence de bases militaires françaises sur le territoire béninois dans le but de déstabiliser le Niger. Des accusations que Cotonou a toujours rejetées.
Malgré plusieurs initiatives entreprises par le Bénin pour renouer le dialogue, la situation était restée bloquée. L’arrivée de Romuald Wadagni à la tête du pays semble toutefois avoir favorisé une reprise des échanges entre les deux capitales, conduisant à la création de ce comité conjoint chargé d’examiner les modalités d’une éventuelle réouverture de la frontière.
La prochaine réunion conjointe des experts est désormais attendue comme une étape décisive. Elle pourrait ouvrir la voie à des recommandations communes et accélérer le processus de réouverture de cette frontière stratégique pour les échanges économiques et humains entre les deux pays.
NDC