| Critiqué par des sympathisants de Guillaume Soro après sa participation aux festivités du 66ᵉ anniversaire de l’Indépendance à Yopougon, Charles Blé Goudé a répliqué dans une vidéo publiée lundi 10 août 2026. Le président du COJEP dénonce les revirements politiques de ses détracteurs et réaffirme son attachement à la conquête démocratique du pouvoir. |
Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a répondu, lundi 10 août 2026, aux critiques formulées contre lui sur les réseaux sociaux par certains partisans de Guillaume Soro.
Ces réactions font suite à sa présence aux festivités marquant le 66ᵉ anniversaire de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire, organisées le 7 août à Yopougon. Dans une vidéo, l’ancien ministre de la Jeunesse affirme ne pas comprendre les attaques dirigées contre lui, rappelant qu’il n’appartient pas au mouvement politique de l’ancien président de l’Assemblée nationale.
« Je ne suis pas membre de votre parti »
S’adressant directement aux sympathisants de Guillaume Soro, Charles Blé Goudé a tenu à clarifier sa position politique. « Vous avez le droit de soutenir Guillaume Soro et d’être avec lui dans son parti politique. Mais je ne suis pas membre de votre parti et je n’ai aucun accord avec vous », a-t-il déclaré.
Le président du COJEP estime ainsi n’être lié par aucune obligation politique aux partisans de l’ancien chef du Parlement ivoirien. Il revendique, par conséquent, sa liberté de mouvement et son droit de participer à un événement républicain comme la célébration de l’Indépendance nationale.
Blé Goudé dénonce des changements de position
Dans son intervention, Charles Blé Goudé a également interrogé ses détracteurs sur l’évolution de leurs rapports avec le président Alassane Ouattara.
Selon lui, certains proches de Guillaume Soro sont passés du soutien au chef de l’État à une opposition particulièrement virulente. Il leur demande ainsi à quel moment celui qu’ils présentaient autrefois comme un « homme providentiel » et un « démocrate » est devenu, dans leur discours, un dirigeant qu’ils accusent de dérives autoritaires.
Le responsable politique a également évoqué l’évolution de leur position à l’égard de Laurent Gbagbo. Il affirme que certains acteurs qui critiquaient autrefois sévèrement l’ancien président ivoirien le présentent désormais comme un allié politique.
Une politique qualifiée de « papillon »
Charles Blé Goudé considère ces repositionnements comme une forme de politique changeante, qu’il qualifie de politique « papillon » ou de « météo ».
« Je ne suis pas un leader papillon. Je ne peux pas vous suivre dans vos déplacements comme ça », a-t-il lancé, reprochant à ses interlocuteurs d’adapter leurs alliances et leurs discours aux circonstances.
À travers cette déclaration, le président du COJEP entend marquer sa différence et défendre une ligne politique qu’il présente comme constante, malgré les critiques suscitées par certaines de ses initiatives.
« Je suis partisan des urnes »
L’ancien leader des Jeunes patriotes a conclu sa réponse par une formule particulièrement ferme : « Vous êtes des partisans des armes. Moi, je suis partisan des urnes. C’est différent. »
Cette accusation relève de la position exprimée par Charles Blé Goudé et n’a pas fait l’objet, dans cette intervention, d’une réponse rapportée des responsables de Générations et Peuples Solidaires (GPS).
Par cette sortie, le président du COJEP réaffirme sa volonté de privilégier la compétition électorale et les moyens démocratiques dans la conquête du pouvoir.
Une présence à Yopougon diversement interprétée
La participation de Charles Blé Goudé aux festivités de l’Indépendance à Yopougon a été diversement commentée dans les milieux politiques. Avant la cérémonie, il avait rencontré le député-maire Adama Bictogo pour lui apporter son soutien dans l’organisation de l’événement.
Le président du COJEP avait alors présenté sa démarche comme une contribution à l’unité nationale, au-delà des divergences partisanes. Ses critiques y voient toutefois un rapprochement avec le pouvoir.
En répondant publiquement à ses détracteurs, Charles Blé Goudé cherche donc à dissiper cette interprétation. Sa présence aux célébrations du 7 août, soutient-il, ne signifie ni ralliement ni renoncement à son indépendance politique.