Dans le cadre de la campagne sèche 2026-2027, l’État burkinabè prend en charge les travaux de forage, tandis que les producteurs devront financer la prospection et les équipements de pompage. Le programme s’inscrit dans un plan d’urgence de 254,79 milliards de FCFA destiné à développer l’irrigation.

 

Le Burkina Faso renforce sa stratégie de production agricole en saison sèche. Du 12 au 18 octobre 2026, les producteurs agricoles pourront soumettre leur candidature pour bénéficier de l’un des 750 forages subventionnés prévus dans le cadre de la campagne sèche 2026-2027.

 

Présentée le 8 octobre par le ministère chargé de l’Agriculture, cette initiative vise à améliorer l’accès à l’eau pour les exploitations agricoles et à réduire la dépendance des cultures aux précipitations. Elle s’inscrit dans un plan d’urgence évalué à 254,79 milliards de francs CFA.

 

À travers ce programme, le gouvernement ambitionne de porter les superficies irriguées à 80 000 hectares au 31 octobre 2027, contre moins de 30 000 hectares actuellement.

 

Une subvention publique, mais des frais à la charge des producteurs

 

Le dispositif prévoit la prise en charge par l’État des travaux de forage. Toutefois, les bénéficiaires devront financer eux-mêmes la prospection du terrain ainsi que les équipements nécessaires au pompage de l’eau.

 

« La contribution du producteur, c’est la prospection et les équipements », a précisé Amos Kienou, secrétaire technique de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique. Selon lui, cette participation pourrait atteindre environ 750 000 FCFA, en fonction du matériel choisi.

 

L’aide publique couvre notamment la perforation, puis, en cas de découverte d’eau, le tubage, les essais de pompage et l’analyse de la qualité de l’eau. En revanche, aucun nouvel essai n’est prévu lorsqu’un forage s’avère négatif.

 

Chaque demandeur ne pourra bénéficier que d’un seul forage. Pour être éligibles, les producteurs devront notamment exploiter au moins deux hectares et justifier d’un droit foncier sur le terrain concerné.

 

Les candidatures ouvertes jusqu’au 18 octobre

 

Le retrait et le dépôt des dossiers sont gratuits. Les producteurs intéressés peuvent soumettre leur demande auprès des services déconcentrés du ministère chargé de l’Agriculture ou par voie électronique.

 

La date limite de dépôt est fixée au 18 octobre 2026 à 23 h 59. Les résultats doivent être publiés le 22 octobre, tandis que le démarrage des travaux est annoncé pour le 25 octobre.

 

Les producteurs retenus devront ensuite réunir leurs équipements de pompage et faire réaliser la prospection dans un délai de sept jours suivant la publication des résultats.

 

Un plan plus large pour accroître la production agricole

 

Au-delà des 750 forages, le programme gouvernemental prévoit plusieurs aménagements destinés à développer les cultures irriguées. Il comprend notamment l’équipement de 1 000 bas-fonds et la remise en culture de 10 464 hectares d’ici mars 2027.

 

Les résultats de la précédente campagne sèche constituent un indicateur des efforts engagés. Selon le bilan présenté en Conseil des ministres le 18 juin, la production de produits maraîchers a atteint environ 1,47 million de tonnes, soit une hausse de 14,4 % sur un an.

 

Le gouvernement avait également recensé la réalisation de 472 forages à gros débit et de 129 forages maraîchers pour renforcer l’accès à l’eau.

 

Avec cette nouvelle opération, les autorités burkinabè entendent consolider les capacités d’irrigation, soutenir les producteurs et accroître la disponibilité des produits agricoles tout au long de l’année.

 

TALLEB DE LA