| Après la lourde défaite des Étalons face à l’Argentine (7-0), le président de la transition, Ibrahim Traoré, a annoncé la création d’un nouveau championnat baptisé « Ligue de la souveraineté ». Présentée comme un moyen de professionnaliser le football burkinabè, cette initiative prévoit notamment la création d’environ 1 000 emplois et une rémunération mensuelle de 200 000 francs CFA pour les joueurs concernés. |
Le Burkina Faso s’apprête à engager une nouvelle réforme de son football national. Le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a annoncé la mise en place d’une « Ligue de la souveraineté », une compétition destinée, selon les autorités, à mieux structurer le football local et à favoriser l’encadrement des jeunes talents.
Baptisé « Thérapie de choc pour un grand corps malade », le projet a été présenté le 12 octobre aux gouverneurs des 17 régions du pays. Cette annonce intervient quelques jours après la défaite des Étalons face à l’Argentine, battus 7-0 lors d’un match amical disputé le 4 octobre.
Cette contre-performance a suscité la colère du chef de l’État, qui a critiqué la préparation de la rencontre ainsi que la gestion de la Fédération burkinabè de football.
1 000 emplois annoncés et 200 000 FCFA par mois pour les joueurs
Selon la présidence du Burkina Faso, la nouvelle ligue doit contribuer à la professionnalisation du football et générer environ 1 000 emplois. Les autorités prévoient également une rémunération mensuelle de 200 000 francs CFA, soit près de 300 euros, pour les joueurs engagés dans cette compétition.
À travers ce dispositif, le gouvernement entend améliorer les conditions des footballeurs locaux, renforcer l’encadrement des talents et donner une nouvelle impulsion au développement du football national.
Toutefois, les modalités concrètes de fonctionnement de cette compétition, notamment son organisation et son articulation avec les championnats existants, restent à préciser.
Des interrogations sur le rôle de la Fédération
La création de cette nouvelle ligue soulève également des questions sur ses relations avec la Fédération burkinabè de football. Cette dernière bénéficie d’une autonomie institutionnelle reconnue par la Fédération internationale de football association (FIFA), qui encadre l’indépendance des fédérations nationales vis-à-vis des pouvoirs publics.
Pour certains observateurs, la « Ligue de la souveraineté » pourrait devenir une alternative au championnat actuel, notamment si elle dispose de moyens financiers plus importants. Une telle évolution pourrait attirer les meilleurs joueurs locaux et modifier les équilibres du football burkinabè.
Cependant, les conséquences de cette initiative dépendront des règles de fonctionnement retenues et de sa coordination avec les structures sportives déjà en place.
Le sport au service de la mobilisation de la jeunesse
Au-delà des enjeux sportifs, le projet s’inscrit dans la volonté affichée des autorités de transition de faire du sport un levier de mobilisation de la jeunesse et de rayonnement national.
La mise en place de la « Ligue de la souveraineté » ouvre ainsi un nouveau chantier pour le football burkinabè. Son efficacité dépendra notamment de sa capacité à offrir des débouchés aux joueurs, à créer les emplois annoncés et à s’intégrer dans l’organisation existante du football national.
TALLEB DE LA