L'armée burkinabè affirme avoir infligé un lourd revers à des groupes armés ayant mené des attaques simultanées contre plusieurs positions militaires. Plus de 400 assaillants auraient été neutralisés lors d'opérations conduites dans l'est et le nord du pays, dans un contexte de vives tensions sécuritaires et diplomatiques.

 

L'État-Major Général des Armées (EMGA) du Burkina Faso a annoncé, mercredi 1er juillet 2026, que les Forces armées nationales (FAN), appuyées par les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), avaient neutralisé plus de 400 assaillants à la suite d'attaques coordonnées menées le 30 juin contre des positions militaires à Gayéri, Solhan et Sebba.

 

Selon le communiqué de l'EMGA, les forces burkinabè ont rapidement lancé une contre-offensive terrestre et aérienne après les assauts. Les opérations auraient permis de récupérer 353 armes de différents calibres, plus de 250 motos, des munitions ainsi que des moyens de communication.

 

L'armée a également rendu hommage à trois militaires tombés au combat, dont deux à Solhan et un à Gayéri. Le communiqué ne précise toutefois pas le nombre de blessés enregistrés dans les rangs des forces de défense. Les groupes armés responsables de ces attaques n'ont pas été formellement identifiés.

 

Les localités de Gayéri, Solhan et Sebba sont situées dans la zone dite des « trois frontières », à la jonction du Burkina Faso, du Niger et du Mali. Cette région est confrontée depuis plusieurs années aux attaques de groupes armés affiliés au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et à l'État islamique au Grand Sahara (EIGS). Solhan et Sebba ont déjà été le théâtre de plusieurs attaques meurtrières, tandis que Gayéri a subi de nombreuses embuscades visant les forces de sécurité depuis 2020.

 

L'armée établit un lien avec la rupture diplomatique avec la France

Dans son communiqué, l'État-Major estime que ces attaques sont intervenues au lendemain de la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France. L'institution militaire affirme que les assaillants cherchaient à provoquer un lourd bilan humain afin d'alimenter un discours défavorable à la situation sécuritaire du pays.

 

Le communiqué avance également que ces attaques démontrent un soutien de la France aux groupes armés. À ce stade, cette accusation n'est toutefois accompagnée d'aucun élément de preuve indépendant. Les autorités françaises n'avaient pas réagi à cette mise en cause au moment de la publication.

 

Depuis l'arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, les autorités burkinabè accusent régulièrement des puissances étrangères de soutenir les groupes armés, sans avoir rendu publiques des preuves vérifiables pour étayer ces affirmations.

 

Une situation sécuritaire toujours préoccupante

Ces nouvelles attaques illustrent la persistance de l'insécurité au Burkina Faso, où plusieurs régions restent fortement exposées aux violences des groupes armés. Les zones du Sahel, du Liptako et de l'Est demeurent parmi les plus touchées par les attaques.

 

Selon l'EMGA, les opérations de ratissage et de sécurisation se poursuivent dans les secteurs de Gayéri, Solhan et Sebba. L'armée a par ailleurs invité les populations à signaler tout comportement ou individu suspect aux Forces de défense et de sécurité.

 

Au-delà du bilan militaire annoncé, ces événements interviennent dans un contexte où la lutte contre les groupes armés continue de peser sur la stabilité du Burkina Faso, alors que les tensions diplomatiques avec plusieurs partenaires internationaux se sont accentuées ces derniers mois.

 

KR