Le Burkina Faso renforce le contrôle de la mobilité de ses étudiants. Désormais, tout Burkinabè souhaitant poursuivre des études à l’étranger devra obtenir une autorisation préalable du ministère en charge de l’Enseignement supérieur, qu’il bénéficie d’une bourse de l’État ou qu’il finance lui-même sa formation.

 

Cette mesure a été adoptée lors du Conseil des ministres du 25 juin 2026, présidé par le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, à travers un décret révisant le régime des bourses d’études de l’enseignement supérieur et de la recherche instauré en 2021, selon l’Agence d’information du Burkina (AIB).

 

À l’issue du Conseil, le ministre de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, a expliqué que cette réforme vise à permettre à l’État d’assurer un meilleur suivi des parcours de formation en adéquation avec la vision du gouvernement, à prévenir les difficultés sociales rencontrées par certains diplômés de retour de l’étranger et à faciliter leur insertion professionnelle. Le décret s’applique aussi bien aux étudiants boursiers qu’à ceux qui financent leurs études sur fonds propres.

 

Toutefois, les modalités pratiques de délivrance de cette autorisation n’ont pas encore été précisées. Les autorités n’ont communiqué ni les délais d’instruction, ni les critères d’évaluation des demandes, ni les voies de recours en cas de refus. L’AIB n’a pas non plus indiqué la date d’entrée en vigueur du décret.

 

L’obligation imposée aux étudiants autofinancés constitue la principale nouveauté de cette réforme. Contrairement au précédent dispositif, essentiellement centré sur les bénéficiaires des bourses de l’État, le nouveau texte étend le contrôle à l’ensemble des étudiants souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger, sans que les critères d’octroi ou de refus de l’autorisation ne soient encore connus.

 

Cette décision intervient dans un contexte de réformes successives de l’enseignement supérieur depuis l’arrivée au pouvoir de la junte en septembre 2022. En mai 2026, le ministère avait notamment instauré un moratoire d’un an sur l’application de nouvelles règles d’exclusion académique, après avoir constaté que 10,35 % des étudiants inscrits sur la plateforme CampusFaso avaient obtenu un zéro dans toutes leurs unités d’enseignement au premier semestre de l’année universitaire 2025-2026.

 

Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, le Burkina Faso ne dispose plus de Parlement. Les décrets adoptés en Conseil des ministres ont ainsi force de loi sans contrôle parlementaire. Le pays reste toutefois signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont l’article 12 garantit la liberté de circulation des personnes.

 

POUZE PATRICK