| La province de Butanyerera, dans le nord du Burundi, a été frappée par de fortes pluies accompagnées de vents violents. Les autorités font état de trois décès, de 51 blessés et de dégâts matériels importants, alors que des alertes ont été lancées sur les risques climatiques attendus entre octobre 2026 et janvier 2027. |
Le bilan est lourd dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi. Trois personnes ont perdu la vie, 51 autres ont été blessées et 2 052 maisons ont été détruites à la suite de pluies diluviennes accompagnées de vents violents, selon les autorités provinciales.
Dans une déclaration publiée mardi soir sur le réseau social X, la province a fait état de dégâts considérables touchant les habitations, les infrastructures scolaires et les terres agricoles.
« Trois morts et 51 blessés, 2 052 maisons détruites, dont 800 complètement, 28 écoles endommagées et 2 034,4 hectares de terres emportés par les eaux », a déclaré le général de brigade Victor Segasago, gouverneur de Butanyerera.
Selon le responsable provincial, les dégâts ont été enregistrés sur 199 collines réparties dans 40 zones administratives. Cette situation fait craindre de nouvelles difficultés pour les populations touchées, notamment en matière de logement, d’accès aux services essentiels et de sécurité alimentaire.
Des alertes face aux risques liés à El Niño
Ces intempéries surviennent alors que plusieurs organismes internationaux alertent sur les risques climatiques susceptibles d’affecter le Burundi entre octobre 2026 et janvier 2027. Les autorités provinciales les associent au phénomène El Niño, connu pour modifier les régimes de précipitations dans différentes régions du monde.
Fin septembre, le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti que plus d’un million de Burundais pourraient être menacés par les conséquences de cet épisode climatique.
« Le Burundi aborde une période critique, d’octobre à janvier, alors que l’un des épisodes El Niño les plus intenses de ces dernières décennies menace plus d’un million de personnes », a indiqué l’agence onusienne dans son rapport.
En juin dernier, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) avait également alerté sur la possibilité d’un épisode El Niño particulièrement puissant.
« Nous devons nous préparer à un épisode El Niño potentiellement puissant, qui exacerbera la sécheresse et les fortes pluies et augmentera le risque de vagues de chaleur à la fois sur les terres émergées et dans les océans », avait déclaré Celeste Saulo, secrétaire générale de l’organisation.
Des conséquences humanitaires et sanitaires redoutées
En Afrique de l’Est, les épisodes El Niño peuvent favoriser des précipitations abondantes et des inondations dans certaines zones. Ces phénomènes sont susceptibles de détruire des habitations, d’endommager les infrastructures et de compromettre les récoltes.
Les conséquences peuvent également être sanitaires. Les inondations et la contamination des sources d’eau augmentent notamment les risques de maladies hydriques, comme le choléra. Les perturbations environnementales peuvent aussi favoriser la transmission du paludisme dans certaines conditions.
Pour les populations de Butanyerera déjà touchées, les priorités concernent désormais la prise en charge des blessés, l’assistance aux familles ayant perdu leur logement et l’évaluation des pertes agricoles.
Alors que la période d’octobre à janvier est présentée comme particulièrement préoccupante, l’ampleur des dégâts enregistrés dans le nord du Burundi souligne l’importance de la prévention des risques, de l’alerte précoce et du renforcement des dispositifs d’assistance aux populations exposées aux intempéries.
P V