Face à la forte dépendance du Cameroun aux importations de poisson, une entrepreneure camerounaise a choisi de miser sur l’aquaculture locale pour contribuer à la souveraineté alimentaire du pays tout en créant des opportunités économiques en milieu rural.

 

À travers son entreprise aquacole « Acquaki », implantée à Dibombari, à une vingtaine de kilomètres au nord de Douala, Angèle Audrey Ekollo développe depuis 2020 un modèle intégré de production, de transformation et de commercialisation de poissons. Ancienne professionnelle de la finance, elle a décidé de mettre son expertise au service d’un projet alliant rentabilité économique, développement local et impact social.

 

Selon l’entrepreneure, le Cameroun demeure confronté à un déficit important de production halieutique, malgré une forte consommation de poisson par la population. Cette situation favorise une dépendance durable aux importations, avec des conséquences sur la sécurité alimentaire et la balance commerciale du pays.

 

« Le Cameroun reste confronté à un déficit structurel en production de poisson, ce qui entraîne une forte dépendance aux importations alors qu’il s’agit de la protéine animale la plus consommée dans le pays », explique-t-elle.

 

Un projet tourné vers les communautés locales

Au-delà de l’enjeu alimentaire, Angèle Audrey Ekollo affirme avoir été motivée par la volonté de répondre aux difficultés économiques rencontrées par les jeunes et les femmes dans sa région d’implantation.

 

Son entreprise a ainsi été conçue autour d’une approche couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur aquacole, de l’élevage à la distribution. Cette stratégie vise à garantir la qualité des produits, leur traçabilité ainsi que leur compétitivité sur le marché.

 

Aujourd’hui, les produits d’Acquaki sont commercialisés auprès des ménages, des grossistes et des enseignes de grande distribution. Selon la fondatrice, la demande ne cesse de croître grâce à la qualité des produits proposés et à l’intérêt grandissant des consommateurs pour les productions locales.

« Cette traction commerciale confirme la pertinence de notre positionnement et l’existence d’une demande réelle pour des produits aquacoles locaux », souligne-t-elle.

 

Une ambition régionale

Actuellement en phase de structuration, l’entreprise travaille sur un programme d’industrialisation progressive reposant notamment sur la création de clusters de production en milieu rural. L’objectif est d’accroître les capacités de production tout en favorisant l’inclusion économique des communautés locales.

À moyen terme, Angèle Audrey Ekollo ambitionne d’élargir son réseau de distribution et de développer de nouveaux produits à valeur ajoutée. Sur le long terme, elle souhaite déployer un modèle reproductible dans d’autres pays d’Afrique centrale afin de contribuer durablement à la sécurité alimentaire de la sous-région.

 

Le parcours de l’entrepreneure et les résultats obtenus par son entreprise lui ont déjà valu plusieurs distinctions nationales et internationales, dont le prestigieux Mandela Washington Fellowship for Young African Leaders et le Prix Pierre Castel.

 

À travers cette initiative, Angèle Audrey Ekollo illustre le rôle croissant que peuvent jouer les entrepreneurs africains dans la transformation des systèmes alimentaires, la création d’emplois et le développement durable du continent.