Alors que le Maroc renforce la surveillance de sa frontière avec l’enclave espagnole, des migrants récemment arrivés à Ceuta ont manifesté dimanche 16 août 2026 pour demander une protection et s’opposer à leur retour.

 

Des centaines de migrants se sont rassemblés, dimanche 16 août 2026, à Ceuta pour réclamer l’asile et de meilleures conditions de prise en charge. Certains manifestants ont brandi des drapeaux espagnols et des pancartes portant les inscriptions « Asile » et « Vive l’Espagne ».

 

Les participants font partie des milliers de migrants demeurés dans l’enclave espagnole après l’arrivée massive survenue à la fin du mois de juillet. Ils demandent aux autorités de ne pas les renvoyer au Maroc et souhaitent poursuivre leurs démarches de protection en Espagne.

 

Des milliers de migrants toujours à Ceuta

 

Entre 5 000 et 8 000 migrants resteraient actuellement à Ceuta, après le passage de plus de 72 000 personnes lors de la récente crise frontalière. La plupart des nouveaux arrivants sont depuis retournés au Maroc, volontairement ou après avoir été reconduits à la frontière.

 

Ceux qui demeurent sur place vivent souvent dans des conditions précaires, alors que les infrastructures d’accueil de ce territoire d’environ 84 000 habitants sont soumises à une forte pression. Reuters

 

La frontière maintenue fermée

 

La manifestation intervient alors que les autorités marocaines ont renforcé leur dispositif sécuritaire autour de Ceuta et de Melilla. Cette décision fait suite à la diffusion de nouveaux appels sur les réseaux sociaux invitant à des passages massifs vers les deux enclaves espagnoles.

 

La Garde civile espagnole a réaffirmé que la frontière demeurait fermée. La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a également mis en garde contre toute nouvelle tentative d’entrée collective sur le territoire.

 

Les autorités marocaines et espagnoles redoutent une répétition des événements de la fin juillet, lorsque des dizaines de milliers de personnes avaient tenté de rejoindre Ceuta par voie terrestre ou maritime.

 

Un bilan humain toujours controversé

 

Au moins 80 personnes sont mortes au cours de cet afflux, selon les bilans officiels. Des organisations de défense des droits humains avancent toutefois un nombre de victimes plus élevé.

 

Cette arrivée soudaine a provoqué une importante crise humanitaire et relancé le débat sur la politique migratoire espagnole. Elle a également saturé les capacités d’accueil de Ceuta et accentué les tensions politiques autour du traitement des migrants, notamment des mineurs non accompagnés.

 

Entre les demandes d’asile des migrants déjà présents et le renforcement des contrôles à la frontière, Ceuta reste ainsi confrontée à une situation humanitaire et sécuritaire particulièrement tendue.

 

POUZE PATRICK