| Après un afflux massif vers l’enclave espagnole de Ceuta, des dizaines de milliers de migrants ont choisi de regagner le Maroc. Entre désillusion, manque de ressources et tensions diplomatiques, la crise migratoire continue de susciter des interrogations. |
Des milliers de migrants ayant franchi, jeudi, la frontière vers l’enclave espagnole de Ceuta ont finalement décidé de retourner volontairement au Maroc, selon les autorités espagnoles.
D’après le ministère espagnol de l’Intérieur, environ 48 000 migrants ont quitté l’enclave en empruntant la digue frontalière. Ce retour est principalement motivé par la fatigue, la désillusion et le manque de ressources, après plusieurs jours passés sur place.
Plus de 60 000 arrivées en trois jours
Les autorités espagnoles indiquent que plus de 60 000 personnes ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta en moins de trois jours. Cette vague migratoire a également coûté la vie à 34 personnes, mortes noyées alors qu’elles tentaient de rejoindre l’enclave espagnole.
Une décision de justice au cœur des débats
Pour de nombreux observateurs, cet afflux massif serait lié à un arrêt rendu le 8 juillet par la Cour suprême espagnole. La juridiction a estimé que les migrants arrivant par la mer ne devaient pas être renvoyés aussi rapidement que ceux arrivés par d'autres voies.
Des tensions diplomatiques persistantes
Alors que plusieurs analystes estiment que le Maroc utilise la question migratoire comme un levier de pression diplomatique, Rabat continue de revendiquer la souveraineté sur Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles que le royaume considère comme faisant partie de son territoire depuis son indépendance en 1956.
POUZE PATRICK