| Le gouvernement espagnol affirme que des forums numériques liés à la Russie et à Israël ont amplifié les récents événements à Ceuta dans le but de polariser l’opinion et de diviser la société espagnole. Madrid annonce parallèlement 309 millions d’euros supplémentaires pour faire face à la crise. |
Le gouvernement espagnol durcit le ton face à ce qu’il considère comme une campagne de désinformation autour des récentes tensions à Ceuta. Madrid accuse des forums numériques liés à la Russie et à Israël d’avoir amplifié les événements survenus dans l’enclave espagnole afin d’alimenter la polarisation en Espagne et en Europe.
À l’issue du Conseil des ministres, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, a directement mis en cause plusieurs plateformes numériques russes et israéliennes.
« Différents forums numériques, tant russes qu’israéliens, ont amplifié les événements dans le but de polariser et de diviser l’Europe et la société espagnole », a-t-elle déclaré.
Madrid pointe une campagne de désinformation
Selon Elma Saiz, des rapports d’information internes du ministère espagnol des Affaires étrangères et de l’Union européenne, datés du 6 août, avaient également identifié la Russie comme une source de désinformation autour des événements survenus ces derniers jours à Ceuta.
Ces accusations interviennent après celles formulées par le Premier ministre Pedro Sánchez, qui avait déjà dénoncé l’intervention présumée d’acteurs étrangers dans la diffusion de fausses informations concernant la situation dans l’enclave.
Le gouvernement espagnol considère ainsi la bataille informationnelle comme l’une des dimensions de la crise, estimant que l’amplification de certains contenus sur les plateformes numériques contribue à accentuer les divisions et les tensions.
309 millions d’euros supplémentaires pour Ceuta
Au-delà de la lutte contre la désinformation, Madrid entend également répondre aux conséquences directes de la crise. Le gouvernement a annoncé une enveloppe supplémentaire de 309 millions d’euros destinée à Ceuta.
Ces ressources doivent notamment financer des mesures en matière de sécurité et de services publics, mais aussi soutenir les entreprises et les travailleurs affectés par la situation.
Le ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, a assuré que le gouvernement souhaitait agir « sur tous les fronts » afin de rétablir rapidement le calme et la confiance.
Pour Madrid, la réponse à la crise se joue donc sur deux terrains : faire face aux conséquences des tensions à Ceuta et contrer ce que les autorités espagnoles présentent comme une offensive informationnelle destinée à polariser l’opinion et à accentuer les divisions au sein de la société.
TALLEB DE LA