Le gouvernement espagnol affirme que des forums numériques ont relayé des contenus trompeurs pour polariser l’opinion. Un plan d’urgence de 309 millions d’euros a parallèlement été adopté pour soutenir l’enclave.


Le gouvernement espagnol accuse des réseaux numériques liés à la Russie et à Israël d’avoir amplifié les tensions provoquées par la récente crise migratoire à Ceuta. Madrid estime que la diffusion de contenus trompeurs sur les réseaux sociaux visait à polariser l’opinion et à diviser la société espagnole et européenne.

 

Ces accusations ont été formulées mardi 1er septembre 2026 par la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, à l’issue du Conseil des ministres.

Des contenus destinés à « polariser et diviser »

« Différents forums numériques, tant russes qu’israéliens, ont amplifié les événements dans le but de polariser et de diviser l’Europe et la société espagnole », a déclaré Elma Saiz.

 

Selon la ministre, des rapports internes du ministère espagnol des Affaires étrangères et du Service européen pour l’action extérieure, datés du 6 août, auraient identifié des réseaux russes comme des acteurs de la désinformation diffusée autour des événements de Ceuta

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Des contenus trompeurs publiés sur Instagram, TikTok et d’autres plateformes affirmaient notamment que les migrants qui atteindraient Ceuta par la mer pourraient rester en Espagne. Pour Madrid, ces messages ont contribué à encourager des milliers de personnes à tenter la traversée depuis le Maroc.

 

Pedro Sánchez avait déjà mis en cause des acteurs étrangers

 

Les déclarations d’Elma Saiz interviennent après celles du Premier ministre Pedro Sánchez, qui avait déjà affirmé que des réseaux liés à la Russie et à Israël avaient participé à la diffusion et à l’amplification de fausses informations sur la politique migratoire espagnole.

 

Le chef du gouvernement avait cependant déclaré ne disposer d’aucun élément prouvant une implication des autorités marocaines dans l’afflux massif de migrants. Le Maroc a également rejeté les accusations selon lesquelles il aurait volontairement laissé les passages se produire. La Russie et Israël ont, de leur côté, démenti les accusations formulées par Madrid. 

 

Un plan d’urgence de 309 millions d’euros

Parallèlement à sa riposte contre la désinformation, le gouvernement espagnol a approuvé un plan d’urgence de 309 millions d’euros destiné à restaurer la sécurité et à soutenir l’économie de Ceuta.

L’enveloppe comprend 118 millions d’euros pour l’accueil humanitaire et la prise en charge des mineurs non accompagnés, plus de 90 millions pour renforcer la sécurité et 21 millions pour les services essentiels, notamment la santé, l’éducation et la justice.

Une somme de 80 millions d’euros sera également consacrée au soutien des entreprises et des travailleurs. Elle prendra notamment la forme d’aides directes, d’avantages fiscaux, d’exonérations de cotisations sociales et de garanties de financement.

Le plan représente environ 16 % du produit intérieur brut de la ville autonome et doit être mobilisé avant la fin de l’année 2026. 

Madrid veut agir « sur tous les fronts »

 

Le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo, a assuré que le gouvernement n’allait « rien ménager » pour permettre à Ceuta de retrouver rapidement une situation normale.

 

Pour Madrid, la réponse à la crise doit ainsi être menée sur deux fronts : prendre en charge ses conséquences sécuritaires, humanitaires et économiques, tout en luttant contre les campagnes de désinformation susceptibles d’attiser les tensions.

 

Les accusations visant des réseaux étrangers ajoutent désormais une dimension diplomatique et informationnelle à une crise qui a déjà profondément ébranlé l’enclave espagnole et relancé le débat européen sur la gestion des migrations.