Alors que des témoins évoquent un allègement temporaire des contrôles à la frontière, les autorités marocaines attribuent cette vague migratoire aux réseaux de passeurs et à la désinformation sur les réseaux sociaux.

 

Les circonstances ayant conduit aux passages massifs de migrants vers l'enclave espagnole de Ceuta continuent d'alimenter les interrogations. Si des témoins et plusieurs experts estiment qu'un relâchement temporaire des contrôles frontaliers aurait facilité l'arrivée de milliers de personnes, les autorités marocaines démentent catégoriquement cette hypothèse.

Des témoignages qui alimentent les interrogations

À Fnideq, ville marocaine située à proximité de Ceuta, plusieurs habitants affirment que les dispositifs de sécurité étaient moins visibles qu'à l'accoutumée et que les renforts policiers ne sont intervenus qu'après les premiers franchissements de la frontière.

Toutefois, aucun élément ne permet d'établir qu'une décision de réduire les contrôles aurait été prise au plus haut niveau de l'État marocain.

Rabat pointe la désinformation et les passeurs

Le gouvernement marocain réfute toute accusation de relâchement des contrôles. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Rachid El Khalfi, affirme que ces événements ne sont « ni le fruit du hasard ni des réactions spontanées ».

Selon lui, cette vague migratoire résulte de « l'exploitation malveillante » des réseaux sociaux, de la diffusion d'informations trompeuses, de l'action des réseaux de traite d'êtres humains et d'une mauvaise interprétation de certaines informations administratives et juridiques laissant croire à un accès facile au territoire européen.

Des tensions persistantes avec l'Espagne

Survenue en pleine Fête du Trône, cette crise a ravivé les tensions récurrentes entre le Maroc et l'Espagne sur la gestion des frontières et des flux migratoires. Le palais royal marocain ne s'est, à ce stade, pas exprimé sur les accusations visant les autorités du royaume.