L’Union européenne a annoncé, ce jeudi, une série de sanctions contre quatre organisations de colons israéliens ainsi que trois individus accusés de « violations graves et systématiques des droits humains » à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie occupée.

Ces mesures ont été prises dans le cadre du régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits humains, après un accord politique conclu le 11 mai dernier par les ministres européens des Affaires étrangères, selon un communiqué du Conseil de l’Union européenne.

Parmi les entités visées figure le mouvement de colonisation Nachala ainsi que sa directrice, Daniella Weiss. Bruxelles reproche au mouvement d’encourager et de faciliter des actes de coercition conduisant au déplacement forcé de Palestiniens.

« Les avant-postes de Nachala entravent l’accès des Palestiniens à leurs terres agricoles et de pâturage et constituent une source persistante de violences de colons », précise le communiqué.

L’ONG israélienne Regavim et son directeur Meir Deutsch figurent également sur la liste des sanctions. L’Union européenne accuse l’organisation de faire pression en faveur de la démolition de biens palestiniens et de chercher à renforcer le contrôle israélien sur l’ensemble de la Cisjordanie.

Selon le Conseil de l’UE, Regavim aurait notamment mené campagne pour la destruction d’une école primaire palestinienne financée par l’Union européenne dans le village de Jabbet al Dhib, près de Bethléem.

Les sanctions touchent aussi l’ONG Hashomer Yosh et son président Avichai Suissa. Bruxelles affirme que cette organisation coordonnait des volontaires et apportait un soutien à des avant-postes de colonisation violents, notamment à travers le recrutement de volontaires armés impliqués dans des attaques contre des Palestiniens.

L’association coopérative Amana, liée au mouvement de colons Gush Emunim, a également été sanctionnée. L’Union européenne estime qu’elle a joué un rôle majeur dans le financement et la facilitation d’au moins trente avant-postes de colonisation associés à des violences et au déplacement de communautés palestiniennes.

Dans le cadre de ces sanctions, les avoirs des personnes et organisations concernées au sein de l’Union européenne seront gelés. Les individus visés feront également l’objet d’une interdiction d’entrée sur le territoire des États membres.

Selon un rapport mensuel de la Commission palestinienne de résistance à la colonisation et au mur, les colons israéliens ont mené 540 attaques contre des Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, durant le mois d’avril.

Depuis le début de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza en octobre 2023, la Cisjordanie connaît une recrudescence des violences impliquant l’armée israélienne et des colons, particulièrement dans les zones rurales et bédouines situées à proximité des colonies et avant-postes.