Dans l’univers du handicap intellectuel en Côte d’Ivoire, peu de personnes portent le combat de l’inclusion avec autant de détermination que Clarisse Milce.

Éducatrice spécialisée, Directrice du Centre d’Accompagnement Médico-Professionnel pour Déficients Intellectuels (CAMPDI) – Rayon d’Espoir et fondatrice du Salon du Handicap et de l’Inclusion en Afrique, elle consacre sa vie à l’accompagnement de jeunes souvent marginalisés par la société.

 

Depuis plusieurs années, elle œuvre pour démontrer que les personnes vivant avec un handicap cognitif possèdent des compétences, des talents et des capacités qui ne demandent qu’à être valorisés. À travers le CAMPDI, elle s’attache à leur offrir des perspectives concrètes d’autonomie et d’insertion socioprofessionnelle.

Son engagement est né d’un constat simple : après leur parcours scolaire, de nombreux jeunes autistes ou porteurs de trisomie 21 se retrouvent sans solution adaptée pour poursuivre leur apprentissage ou intégrer le monde du travail.

 

Face à cette réalité, Clarisse Milce a fait de l’inclusion une mission. Sous sa direction, le CAMPDI accueille aujourd’hui une vingtaine de jeunes bénéficiaires qui suivent des formations dans des secteurs tels que la pâtisserie, la restauration ou encore l’imprimerie numérique.

 

Pour elle, la formation constitue une étape essentielle, mais elle ne représente qu’une partie du chemin. Le véritable défi reste l’accès à l’emploi.

« Nous préparons ces jeunes, nous les formons et nous les accompagnons. Aujourd’hui, ce dont ils ont besoin, c’est que les entreprises leur donnent une chance », plaide-t-elle.

 

Malgré les progrès enregistrés dans la prise en compte du handicap en Côte d’Ivoire, le handicap cognitif demeure encore l’un des plus méconnus. Une situation que la directrice du CAMPDI attribue principalement aux préjugés et à la méconnaissance des réalités vécues par ces personnes.

 

Pour changer les mentalités, elle multiplie les actions de sensibilisation auprès des entreprises et des acteurs économiques. Son objectif est de leur faire comprendre que l’inclusion professionnelle ne relève pas de la compassion, mais de la reconnaissance des compétences et du potentiel humain.

 

Les résultats obtenus au sein du centre renforcent d’ailleurs sa conviction. Chaque année, elle voit des jeunes gagner en confiance, développer des savoir-faire et franchir des étapes importantes vers l’autonomie.

 

Cette vision a déjà permis à plusieurs bénéficiaires d’effectuer des stages en entreprise, démontrant leur capacité d’adaptation et leur professionnalisme dans différents environnements de travail.

 

Au-delà du CAMPDI, Clarisse Milce porte une ambition plus large : construire une société où les personnes vivant avec une déficience intellectuelle seront pleinement considérées comme des citoyens à part entière, capables de contribuer au développement économique et social du pays.

À travers son engagement quotidien, elle est devenue l’une des principales porte-voix de l’inclusion du handicap cognitif en Côte d’Ivoire. Une femme de conviction qui continue de se battre pour que chaque jeune, quelles que soient ses différences, puisse trouver sa place dans la société et envisager l’avenir avec confiance.

 

Pour Clarisse Milce, chaque jeune accompagné est une victoire contre les préjugés. 

 

SY